07 novembre 2018

Sur le Chemin de la rédemption (First Reformed) de Paul Schrader - 2018

Paul Schrader a réalisé tellement de merdes que voir arriver un film aussi digne que First Reformed ne peut que surprendre et pousser à la bienveillance. Pourtant ce film a tous les aspects du Schrader-movie dans ce qu'il a de plus malaisé : c'est naïf jusqu'à la puérilité, doloriste comme on ne l'est plus, excessif par tous les bords, pas toujours bien réalisé, ringard un peu, tout mal foutu. Mais je ne sais pas, un charme certain émane de ces tergiversations sacerdotales, et le tout est porté avec une telle conviction, une telle... [Lire la suite]
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07 novembre 2018

Le Tombeur de ces Dames (The Ladies Man) de Jerry Lewis - 1961

Mon sectarisme légendaire m'a toujours fait considérer Jerry Lewis comme un amuseur guère intéressant, capable au mieux de quelques fulgurances de mise en scène (The Nutty Professor), au pire de grimaces fatigantes. Mais avec The Ladies Man, je dois reconnaître que le gars m'a bluffé. En un mot, je me suis marré comme une baleine (en me cachant derrière ma main, hein, j'ai une réputation à garder), tout en admirant le sens de l'espace du compère, mea maxima culpa. Lewis assume totalement la vacuité de son film, et n'a en tête qu'un... [Lire la suite]
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06 novembre 2018

Les Enfants terribles (1950) de Jean-Pierre Melville

Pas terribles, franchement, je les ai trouvés, ces enfants. Si cette pauvre Nicole Stéphane est proprement horripilante (je ne ferai aucun commentaire mesquin sur son physique, elle n'en a pas) en sœur forte en gueule qui s'écoute parler, le reste du casting ne vaut guère mieux. Melville, qu'on a connu plus inspiré, livre une mise en scène ultra engoncée, un film plus bavard qu'un Rohmer et ce avec des acteurs qui semblent la plupart du temps ne jouer que pour eux. La voix off de Cocteau tout fier de réciter ses propres mots... [Lire la suite]
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03 novembre 2018

La Colline a des Yeux (The Hills have eyes) (1977) de Wes Craven

C'était vraiment pas une bonne idée pour cette bonne vieille famille américaine qui rejoint la Californie de chercher les chemins de traverse près d'une zone militaire d'essais nucléaires. Il fallait forcément s'attendre à quelque accident et d'ici qu'une bande de poilus hirsutes vous tombent sur le râble, il n'y a qu'un pas. Cela fleure bon la bonne vieille série B des années 70, genre horreur du samedi soir... Mais on se rend compte rapidement que cela est assez réducteur car, au final, personne n'est capable de nos jours avec deux... [Lire la suite]
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03 novembre 2018

Cold War (Zimna wojna) (2018) de Pawel Pawlikowski

J'avais un assez bon pressentiment envers ce film qui s'annonçait comme une "passion amoureuse comme on n'en fait plus", genre. En relisant la chronique de mon compère sur Ida, j'ai un peu peur qu'on retombe sur le même genre de travers : une belle facture, du romanesque "lyrique" (faut aimer se taper le folklore et les chansons (douçâtres) polonaises - et autres) mais définitivement court en bouche - surement parfait pour tout bon critique (et lecteur) de Télérama (je regarde en direct sur Allociné (!) : "Le cinéaste filme cet... [Lire la suite]
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03 novembre 2018

Le Grand Bain de Gilles Lellouche - 2018

Une malédiction semble frapper tous les cinéastes portant le nom de Lellouche, puisqu'après le magicien du hasard en carton, voici le cynique maquereau des sentiments. J'ai détesté Le Grand Bain, alors que j'y allais pour passer un bon moment, espérant y trouver un film à la Altman, choral et sophistiqué, porté par de bons acteurs. En guise de Altman, je me suis trouvé devant un film qui, comme le dit l'expression à la mode, prend en otage son public, lui balançant de la poudre aux yeux pour mieux cacher une attitude crapoteuse face... [Lire la suite]
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02 novembre 2018

LIVRE : Ma Vie en morceaux de Dominique Ané - 2018

Petite ballade le long de l'oeuvre discrète et géniale de Dominique A, dont j'aime de plus en plus les albums. Le compère se prend ici au jeu de la biographie directe, après avoir biaisé et tourné autour du pot dans ses deux beaux récits précédents. Cette fois, il s'agit de lui, de ses pensées intimes, de son enfance solitaire, des collaborations et des amours. Il construit habilement son texte autour de ses chansons, plus précisément 26 morceaux de sa carrière qui sont autant de jalons pour raconter sa vie ; non pas tant ses préférés... [Lire la suite]
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02 novembre 2018

Hamburger Film Sandwich (The Kentucky Fried Movie) de John Landis - 1977

Ah oui, c'est foutraque, c'est inégal, c'est souvent pas terrible. Mais peut-on réellement demander à un article d'Hara-Kiri ou à un sketch des Nuls d'être d'un goût sûr ? C'est bien dans cette veine-là que s'inscrit ce film amateur et dépenaillé, qui tape dans tous les sens pour mieux nous imposer son humour cracra, fait de jeunes filles dénudées, de bruits anaux peu ragoûtants, de racisme assumé, de grosses blaguasses à base d'animaux en rut, de braguettes mal refermées et d'éjaculateurs précoces. On peut trouver ça affreux, et il... [Lire la suite]
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31 octobre 2018

50 : 50 (in Venice 70 : Future reloaded) (2013) de Hong Sang-soo

Petite production gentillette pour Venise où l'on se demande si l'homme hongien est un mufle ou un homme précautionneux (50/50 ? mais ce n'est pas sur ce fifty/fifty là que le film se joue, j'y arrive)... Une jeune femme demande une cigarette à un homme assis sur un banc avec sa douce ; très vite, l'homme vient voir « l’allumeuse » et lui explique que sa compagne, si elle inhale (c'est pas aussi bien dit, on s'entend) a une chance sur deux de mourir... Coup de bluff (trop fort, l'astuce ! ) ou véridique coup de tabac... [Lire la suite]
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31 octobre 2018

La Vierge mise à nu par ses Prétendants (Oh! Soo-jung) (2000) de Hong Sang-soo

Il me fallait bien faire le tour sur ce blog de l'ami Hong Sang-soo qui livre à chacun de ses films (qu'il tourne à la vitesse de la lumière) de sympathiques variations sur l'ammmur, le désir, les embrouilles, les passages à l'acte merdiques, les longs baisers langoureux, les engueulades autour d'un verre d'alcool de prune. Ici, on a droit à une sorte de diptyque rashomonien (avec moins de rigueur et de talent, certes) : l'histoire d'une rencontre vu par (l'homme, Jae-hoon) puis vu par (la femme, la délicieuse et boudeuse Soo-jung... [Lire la suite]
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