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Toujours un plaisir de se pencher sur la filmo de Germi et ce polar nerveux et haletant ne déroge pas à la règle : on est pris dès le départ par ce vol puis par ce meurtre (deux méfaits en quelques jours dans le même immeuble : y aurait-il un lien ?), les divers suspects se succédant sous l'œil inquisiteur de ce commissaire aux lunettes noires et au visage fermé (Pietro Germi himself). Il y eut en effet dans un premier temps le vol d'un homme (oh, presque rien, des bagatelles... Tu parles trop, c'est louche) qui tente par tous les moyens d'étouffer la chose ; il fréquente de jeunes hommes, souvent des petits gars qui traînent, et ce tribu payé à ses relations clandestines lui semble négligeable... Seulement voilà, dans la foulée, il y a le meurtre de sa voisine (la racée Eleonora Rossi Drago) et là on rigole moins : serait-ce la femme de chambre (Claudia Cardinale, la vingtaine pimpante dans l'un de ses premiers films) mais elle aimait tant sa patronne, ou alors le petit copain d'icelle (Nino Castelnuovo, cinq ans avant Les Parapluies) dont les fréquentations (souvent intéressées) sont troubles, ou alors le mari (certes absent au moment des faits mais qui aurait pu commanditer le meurtre pour toucher l'héritage... qu'il ne touchera point d'ailleurs, le testament ayant été bizarrement modifié une semaine avant), ou alors cet ami de la famille, un docteur, qui se rendit le premier sur les lieux du crime, un type à la face molle, un amant potentiel, ou tout du moins un intrigant... La liste n'est pas exhaustive et Germi et son équipe de types nerveux ne ménagent pas leurs efforts pour mettre la main sur le voleur ou sur l'assassin ; toutes les pistes sont bonnes à suivre mais le mystère demeure jusqu'au bout.

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Eh bien oui, on est dans le cinéma à l'italienne de la bonne époque, avec cris à tous les étages (encore plus quand il y a vol ou crime, les trois mille voisins ont tous leur mot à dire), moult individus mâles aux fréquentations troubles (pègre, homos opportunistes, jeunes filles et jeunes femmes peu farouches, receleurs...) et une poignée de femmes au charme indéniable. Le Commissaire mène la barque avec son style direct et froid pendant que ses hommes se chargent des petites besognes (filatures, enquête de terrain et  interrogatoires musclés) . On est constamment balloté d'un endroit à un autre (on reste généralement dans les intérieurs mais on parvient tout de même à distinguer la Piazza Navona (m'en parlez pas, je chavire à chaque fois)), passant d'une classe sociale (les possédants et leurs petites affaires) à une autre (les gens d'en bas et leurs petites arnaques) en un clin d'œil. La police ne fait pas dans la dentelle pour malmener au besoin les gens d'en haut comme ceux d'en bas (plus d'une claque qui part sans crier gare dès qu'un suspect devient un poil hystérique). On reste tout du long dans cette tension, sans trop savoir parfois qui a fait quoi et soupçonnant quasiment tout le monde d'avoir quelque chose à cacher (ce qui s'avère être d'ailleurs le cas). Germi tente de mettre à jour, peu à peu, les secrets de chacun et le moins qu'on puisse dire c'est que ce petit monde, en particulier celui des gens bien propres sur eux, n'est guère reluisant dès qu'on creuse... A l'heure de la résolution, tout le monde a déjà pris pour son grade. Une enquête qui part un peu dans tous les sens, explosive, à l'image de ce film mené sur un train d'enfer. Perfecto Pietro aux (doubles) manettes.

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