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Joseph Pevney est un bon artisan du polar à l'ancienne (il a tout de même réalisé, entre autres, le premier épisode de Johnny Staccato - je vous en reparle dans 26 épisodes) et il le prouve une nouvelle fois avec cette confrontation entre un petit malfrat indécrottable (Tony Curtis, tout en verve) et un flic bienveillant mais droit comme la justice (George Nader). Après un départ en trombe avec ce gang de gamins dans les rues de Boston qui n'est pas sans faire penser aux grandes heures d'Il était une fois en Amérique (ma référence, à moi), on s'intéresse plus particulièrement au duo Curtis-Nader : Curtis, encore tout minot, blessé par balle par Nader lors d'un cambriolage, se voit pris sous l'aile de ce dernier ; il le fait, le flic, non pas tant pour se faire pardonner mais parce qu'il pense qu'il peut sauver du gouffre ce gamin dont la gouaille le fait sourire. Il l'aide, l'accompagne quand le gamin devenu grand rechute (Curtis tombe à la place de l'un de ses camarades, et il l'assume pleinement) jusqu'au coup de trop : Nader se rend bien compte que Curtis gardera toute sa vie des liens avec la pègre... Et pourtant, et pourtant, un jour, Curtis, décide de se ranger, avec femme et enfants et emploi officiel légal... Mais des braquages de haut-vol continuent d'avoir lieu et tous les soupçons pèsent sur Curtis... Curtis est-il accusé à tort ou pousse-t-il le bouchon toujours plus haut en attendant inéluctablement sa chute ?

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Un noir qui commence de façon assez nerveuse avec ces petits braquages (j'adore ces collants blancs masquant les visages, un peu comme si l'homme invisible faisait partie intégrante de la pègre : Curtis, pour le coup, se croit imprenable, tout malin qu'il est) et qui dérive de plus en plus sur ces rapports entre un petit futé toujours capable de donner des tuyaux sur des concurrents "déloyaux" et un Nader, carré, rigoureux, qui fait tout ce qu'il peut pour que l'autre rentre enfin dans les cases. Il a ses réussites, il a ses échecs. Le film rentre un peu dans un ventre mou lorsque ce petit duo discutaille en vain ou lorsque Nader se met à bouder Curtis (changera jamais, bordel !) puis reprend un peu de nerf avec cet ultime casse mené tambour battant sans que l'on sache si Curtis est ou non de la partie. On navigue entre buddy-thriller (l'accointance flic-voyou qui a fait ses preuves) et le noir pur (Curtis finira-t-il, à force de jouer avec le feu et de trahir ses proches, par se ramasser la tronche ?). On ne sera pas déçu par cette fin qui nous replonge dans les racines du noir, belle conclusion à une œuvre qui nous aura fait naviguer des rues agitées de Boston à la case prison, en passant par l'ambiance tendue des commissariats et des courts de justice. Belle petite prestation de Pevney dans le genre aidé par un Curtis au regard on ne peut plus malicieux. 

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