Hope (호프) de Na Hong-jin- 2026
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Après les polars à l'orée du fantastique, Na aborde frontalement le fantastique, ou le merveilleux disons, avec ce film tonitruant et mouvementé qui arrive précédé d'une excellente réputation. Au bout des 8 heures (ressenties) de projection, je peux rétablir la vérité : Hope est sacrément mauvais. D'une plaisanterie de collégien immature, le cinéaste tire une interminable et moche aventure qui emprunte au pire du cinéma hollywoodien grand public (Avatar) et aux jeux vidéo. Pendant 45 minutes pourtant, on se dit qu'on est plutôt bien dans ce film : certes, ça sent le petit malin, certes on sent déjà que le bougre a des problèmes de timing, certes on se rend compte qu'on n'est pas dans un Pialat. Mais il y a de l'amusement dans ce film-catastrophe pour rire et on se laisse aller. Un flic donc est appelé pour une vache morte au bord de la route, et en deux-deux les événements s’enchainent : on se retrouve très vite au sein d'un petite ville dévastée par un monstre, avec notre policier qui court dans tous les sens, arrivant toujours trois secondes après le nouveau carnage. Na repousse sans arrêt la vision de l'alien, filmant les dégâts qu'il commet, et on aime ce suspense sans cesse remis à plus tard. Une fois la créature dévoilée, on commence à trouver le temps long avec cette poursuite qui s'étire, mais on continue à rigoler devant la sorte d'hystérie qui gagne le film, qui s'apparente à un cartoon dans ses personnages grossiers et ses scènes d'action too much. Au bout de cette longue séquence, on se dit "Bon, pas si mal" et on s'apprête à aller boire une bière, plus ou moins repu. Ah non, il reste 1h30. Ah ?
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A partir de là, on va aller de mal en pis. Sans rien ajouter de nouveau à cette (non-)trame, le film délaye et se perd dans une traque des extra-terrestres dans la forêt absolument interminable. Non seulement l'humour est oublié, mais l'ennui devient total dans ces séquences de découverte de vaisseau spatial, d'attaques d'alien (toujours les mêmes), de poursuites infinies à cheval, en voiture ou à pied, toutes filmées pareil, toutes répétitives et chiantes. Dès qu'un alien explose, un autre arrive, et c'est reparti pour 20 minutes des mêmes plans. Tout ça dans une sorte d'emballement fou, qui ne prend jamais le temps de raconter quelque chose, qui ne se pose pas une seconde. Sauf à la toute fin, où apparaît une sorte de discours new-age immonde, et où les extra-terrestres, monstrueux et violents jusque là, se dévoilent tout gentils et humains au final (dans des effets spéciaux qu'il faut bien qualifier d'immondes). A part ça, c'est une partie de Super-Mario qui ne finit jamais, et dont on aurait perdu la manette. C'est con comme un pneu, ça ne raconte rien, c'est moche et sans idée de mise en scène, c'est même pas drôle ni divertissant ni effrayant ni excitant, c'est trop long de 2 heures, en un mot : c'est un bon vieux navet. (Gols 22/10/26)
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Un na-vet, je trouve l'ami Gols un peu dur sur cette action. Si je veux bien le rejoindre sur ces effets numériques qui sont loin d'être toujours d'une fluidité exceptionnelle (et restent, je reste d'accord sur ce principe, assez moches), on est quand même en terme de scène d'action chez un maestro de la mise en scène. Non seulement Na envoie du bois avec ces constants changements d'angle ou ces variations impressionnantes en terme d’accélération des mouvements ou de direction (j'adore ces soudains travelling arrière dès qu'un bagnole pile) mais il sait aussi surprendre, d'une séquence l'autre, en variant constamment les points de vue : on passe d'un personnage à un autre en un clin d’œil, sans que l'on sache finalement qui mène vraiment cette infinie course-poursuite ; chaque personnage est du même coup susceptible de disparaître à la moindre erreur : il y en aura toujours un autre pour reprendre le lead mais personne n'est à l'abri de se prendre en pleine tronche une plaque d’égout (même le spectateur d'ailleurs - j'ai heureusement plus d'une fois fait preuve d'un sens de l'esquive remarquable). Cet entrecroisement des fils narratifs permet au film de ne pas être aussi ronronnant que cela. Ensuite, avouons que Na est également maître dans le mélange des genre : science fiction, thriller, heroic fantasy, gore, comédie pastiche, action... il semble jongler avec tous les codes avec là encore une maestria de fou furieux ; on ne sait d'ailleurs jamais de quoi sera vraiment fait la scène suivante ; pour preuve la séquence avec cette spécialiste en charge de l'autopsie ; on pense, après une première partie ébouriffante que l'on aura enfin droit à un petit temps calme : elle commence l'examen de façon minutieuse, puis demande une scie, puis une plus grande grande, avant d'attaquer le cadavre du monstre à la tronçonneuse... Nous livrant ainsi sûrement la scène la plus gore du bazar. On sent que Na fait fi de toute retenue pour nous offrir les plan les plus fous, les plus déjantés... Cet humour grinçant, caustique (avec au casting la présence d'une belle brochette d’abrutis et ce dans différents domaines - pas que chez les flics...) constitue également un leitmotiv relativement bienvenu tout au long du film. Enfin, il y a quand même au moins deux petits aspects sur le fond qui méritent quand même qu'on s'y arrête : d'une part, on se trouve à la frontière avec la Corée du Nord et on sent bien que l'ensemble de la population (il n'y a qu'à voir le zèle qu'elle met à se procurer des armes de guerre) vit dans une certaine paranoïa ; d'autre part, le film pourrait être en effet un simple combat assez couillon entre aliens destructeurs et population sur la défensive ; seulement voilà, lors d'une scène qui tranche avec cette pure violence pour la galerie, l'on se rend compte que les monstre sont peut-être également dotés d'une once de sentiment, de sensibilité... On aura bien sûr la réponse à la question dans la seconde partie qui tendra à dynamiter nos a priori sur ces golgoths certes surexcités mais avant tout meurtris : qui furent les plus monstrueux au départ ? Je ne dis pas que cela ne part pas un peu en live sur la fin mais on est tout de même loin du pur nanar, aussi bien au niveau de la forme que dans le fond. Na ! N'est-il ? (Shang 02/11/26)
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