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Après Tout ce qui brille, tentative désolée de Shang vers la comédie sociale française, c'est à mon tour d'aller vérifier si ce Hervé Mimran, désormais seul, est bien le triste sire qu'il a décelé. Eh bien oui, et c'est même bien pire que tout ce que je pouvais attendre, pire que ce qu'en dit Shang, pire qu'un coup de pied dans les parties même. L'Homme pressé est une sous-merde, un truc entièrement prostitué aux pieds du succès à tout prix, jamais drôle, toujours au plus rapide, au plus putassier, au plus minable. Les scénaristes ont un concept : un grand PDG fait un AVC, et à son réveil il est dyslexique. C'est tout. Pour jouer ce rôle hyper difficile, puisqu'il s'agit, ahaha c'te poilade, de dire "crotte" à la place de "trotteuse" et "jourbon" à la place de "bonjour", rien de tel que Lucchini, toujours partant pour ce genre de productions nazouille du moment que le chèque est gros et qu'il est en tête d'affiche sans gros concurrent. Le gars s'y colle, très très mal, ne supportant aucun partenaire menaçant son génie : en face de lui, Leila Bekhti et Rebecca Marder n'ont même pas le rôle de faire-valoir, mais se contentent d'être encore plus mauvaises que lui pour qu'il puisse faire son numéro. Le film, au bout de 2mn20, n'a plus rien à raconter, forcément, et passe le reste de son temps à déployer sa guimauve dégoulinante : le fameux PDG, autrefois sec comme un coup de pelle, va apprendre à prendre son temps, à aimer sa fille, à apprécier sa psy et à dire merci à son chauffeur (ce qui, visiblement, est une prouesse pour Mimran : oui, le film est non seulement de droite, mais d'un cynisme total, puisque tout semble résolu une fois le merci prononcé). Tout ça se terminera sur le chemin de Compostelle, où notre héros apprend le vrai sens des choses et du jambon Herta sur une chanson de Bob Dylan. Tout ça est tellement misérable, tellement attendu, tellement triste, qu'on regarde la chose jusqu'au bout, en catatonie, cherchant ce qui peut bien pousser un producteur à se lancer dans une telle entreprise, et un acteur qui doit avoir d'autres chats à fouetter à dire oui. D'autant que Mimran filme comme un cochon, avec un montage épileptique qui utilise 15 plans de caméra pour la moindre émotion, ne sachant jamais choisir quel cadre est le mieux, comprenant tellement mal les acteurs qu'il préfère tout mettre plutôt que d'en perdre une miette (à titre de comparaison, j'ai revu dans la foulée I confess d'Hitchcock, eh bien je dirais que le montage est mieux). Je vomis chaque minute de ce film.