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21 septembre 2017

Nos Années sauvages (A Fei zheng chuan) (1991) de Wong Kar-Wai

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Wong Kar-Wai n'est pas mort, en tout cas sur Shangols. Quel plaisir de retrouver les minots Leslie Cheung (beau comme un prince), Maggie Cheung (divine), Andy Lau (viril) ou encore Carina Lau (magnifique petite peste). Nos Années sauvages nous content les histoires d'amour (ratées - c'est toujours ce qui est beau chez WKW, ce foirage de couples si beaux) de Leslie avec Maggie puis Carina (il passe de femme en femme pour les tester puis une fois qu'il en aura fait le tour choisira la meilleure - un peu comme moi, en fait, sauf que le panel se limite à une) ; Maggie s'accroche à l'éternelle petite minute où ils furent seuls au monde (avant de rouler ensemble dans un lit), Carina à l’idée qu'il s'agit de l'homme de sa vie - alors qu'il est bien je-m'en-foutiste, le gars : il l'abandonnera d'ailleurs comme une vieille souche lorsqu'il décidera de se barrer aux Philippines ; il la confie, le mufle, avec sa bagnole et son appart, à son meilleur pote (qui est tout enamourée de la belle mais ce n'est malheureusement pour lui point réciproque...). Pour en finir avec le rayon des histoires d'amour éventuelles (mais qui resteront des flirts de quelques nuits), notons le gentil petit marivaudage nocturne entre Maggie et le flic Andy. On pense que mais non.

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On avait franchement totalement oublié cette œuvre des débuts de l'ami Wong Kar-Wai, une oeuvre qui n'est définitivement point exempte d'un certain charme. On sent qu'après son premier brouillon, le cinéaste commence à mettre en place son style si particulier, si sensuel : un montage au taquet, une caméra qui frôle constamment les corps, un sens du cadre inouïe aussi bien sur les visages, que sur les nuques ou les chevilles des femmes... Les décors sont à minima (des murs unis qui tombent en ruine), la lumière est pauvre (plongeant ainsi chaque personnage dans une semi-pénombre) mais on sent le souffle de chacun des personnages passer sur notre cou (Ooooh Maggie...). Quelques silhouettes parfois déambulent sur les notes d'une mélodie d'un autre temps et l'on prend goût (avant de revoir le nirvanesque In the Mood for Love) à ces passages qui ont gardé leur petite part d'envoutement. Des femmes qui tombent, dans les bras des hommes, des draps qui se froissent, quelques sourires, à peine, avant le temps des larmes, de la rupture... Le visage fermé, fantomatique de Maggie, la nuit, est digne d'une peinture d'un Munch tout tristoune et sans voix.

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Quand ces histoires d'amour en ont fini de finir, on retrouve nos deux héros mâles en transit dans un hôtel défraichi de Manille. Des prostiputes qui font les poches, un gang d'autochtones que l'on lamine, une ultime fuite en avant en train... Sans femme, nos deux amis de fortune peuvent-ils enfin gouter au doux repos du guerrier sur de confortables banquettes ? Que nenni puisque un tueur rôde, un tueur qui mettra fin d'une certaine façon à ce véritable cauchemar éveillé, à ces réminiscences d'un passé qui n'a peut-être jamais vraiment existé, qui fut simplement fantasmé. Une œuvre de Wong Kar-Wai encore un peu fébrile (la jeunesse des acteurs donne, il faut le répéter, un charme dingue à la chose) mais qui porte en elle d'énormes promesses - facile de se la jouer devin 26 ans plus tard ? Attends, je disais là même chose il y a 26 ans, il reste des témoins, putain – un truc qui donnait envie de partir en Asie même si on savait que tout cela était pour de faux...

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Pourquoi Wong car Wai

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