Sans titre

Et voilà, c'est la fin. Dans l'indifférence générale, notre bande de bras cassés met fin à ses aventures zombiesques, au bout de 11 saisons assez laborieuses. On a beau dire, et on a beau faire les malins, ça fait quelque chose, 11 ans après de laisser tomber Daryl ou l'autre, là, avec les cheveux blancs, ou le roi qui ne se lave jamais les cheveux, ou le type qui s'exprime super bien, là, t'vois ? Nos bougres sont passés à travers toutes les épreuves, à travers toutes les hordes de morts-vivants, toutes les stratégies de pouvoir, tous les dialogues de Paolo Coelho et tous les mauvais acteurs, et arrivent aujourd'hui pour un dernier combat : lutter contre la société de laquelle ils ont été éjectés voilà 11 ans, à savoir une communauté bien rangée, démocratique et moderne, où l'on peut même être opéré de l'appendicite ou se payer une glace chocolat-pistache. Tout pour plaire, a priori, et dans un premier temps, nos amis acceptent avec bonheur de se fondre dans cette société sécurisée qui leur rappelle certainement les bons temps de l'Amérique pré-apocalyptique. L'un s'engage dans l'armée, l'autre devient avocate, un troisième s'occupe de sa famille, bref on croit l'harmonie enfin retrouvée. Mais bien entendu tout n'est pas si lisse, et nos survivants vont apprendre que le pire ennemi n'est pas le crado qui veut les anéantir (d'ailleurs, Negan est devenu doux comme un agneau et héroïque comme Jean Moulin, tout se perd), ni les zombies qui continuent à grogner en claquant des dents, ni même les traîtres de l'intérieur, non ; c'est la société climatisée. Une société dont les coutures craquent peu à peu et qui dévoile son vrai visage : dictature, jeux de pouvoir, népotisme, gabegie et meurtres. C'est assez : nos gusses reprennent du service pour venir à bout de cette communauté à la 1984, et à force de l'arbalète ou du couteau parviendront, on s'en doute, à leurs fins. Les enfants seront sauvés, la majeure partie de la distribution aussi, les bons retrouveront le sourire, les vilains perdront leur tronche bouffée par les morts-vivants, et tout finira dans la ouate. Autant dire qu'on est bien déçus, tout affamés de sang qu'on était. On aurait aimé voir les scénaristes se débarrasser de leurs pudeurs et sacrifier réellement des personnages importants, nous offrir un final sanglant et spectaculaire, oublier un peu leurs soucis de suites, de prequel ou de spin-off pour enfin nous donner un peu d'impureté, de malheur, de drame. Foin : tout le monde vit, y compris (je le voyais venir) les personnages qu'on croyait morts depuis 2 saisons. La fin est là, mais les auteurs sont toujours en plein manque d'imagination, se reposant tranquillement sur les recettes du succès passé, sans rien ajouter pour fabriquer un peu de panache à cette série. Bon, dressons un bilan : ce qui a été raconté pendant 11 saisons aurait pu l'être en 3, ce qui nous aurait fait gagner du temps.

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