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On connaît la capacité de Jancsó à faire dans la belle image, à jouer des contrastes du couleur, du rouge sang au blanc pure comme de la coke, à soigner sa mise en scène lors de plans-séquences interminablement complexes... Il y a tout cela dans ce film réalisé quasiment qu'en intérieur, avec en plus un goût immodéré pour les travellings et les acteurs qui se déplacent, sans qu'on les voit, sur des planches à roulettes (l'effet 'Les Parapluies de Cherbourg' quand Guy à son biclou, pour les connaisseurs). Esthétiquement, voici donc un film joliment soigné avec en plus une douce touche d'érotisme puisque que l'on ne cesse de croiser de jeunes hongroises rarement vêtues (et vous connaissez ma passion pour… ah non ?) venant prodiguer maintes caresses aux personnages principaux et pas forcément méritant de ce film... Ambiance donc "charme et séduction" pour le plaisir des yeux. Vous attendez un « mais », il arrive.

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Mais nom de Dieu que cette histoire hamletienne (la vie est une scène et vice-versa - à l'infini) pleine de simulacres, de faux-semblants, de jeu (des comédiens) et de jeu (de pouvoir) est compliquée, les multiples renversements de situation (personnages faussement assassinés, dominants dominés puis redominants...) finissant par donner la dangereuse impression que le scénario tourne à vide... Je pourrais vous conter l'histoire de ce jeune fils de roi exilé en Italie, revenant chez lui avec une troupe de théâtre, pour, potentiellement, prendre la place de son père (tué par un ours lors d'une chasse, ou lors d'un duel, ou...) mais j'en ai à peine la force... Sachez qu'on y croise, en pote pasolinien du héros, Ninetto Davoli (qui se marre et se tape des gonzesses tout du long - le rôle de ma vie), une mère murée dans son silence et plus jeune que son fils (Teresa Ann Savoy, du charme, si on arrivait à comprendre la profondeur de son personnage), du turc fourbe, de l'oncle pervers et fourbe, du catholique ambitieux et fourbe et cela devrait bien suffire pour vous faire une petite idée... Réflexion sur la connivence entre artistes et puissants, ouais, sans doute, je serais presque ravi de développer le thème si j'avais franchement d'autres choses à dire... Le scénario (tous les personnages seraient éventuellement des acteurs, en plus des acteurs venus d'Italie, voyez) est tellement inutilement alambiqué qu'on finit par se demander si ce n'est pas un peu pour cacher la misère... Ça se provoque, ça se tue, ça se tourne autour comme des abeilles agressives autour d'un miel pacifiste... On pense que cela finira bien se décanter mais on doit bien reconnaître qu'on finit par perdre le fil, regardant gentiment ce bien joli livre d'images cinématographique en se grattant la tête (merde, j'ai une chronique à écrire, rien me vient à l’esprit, philosophiquement parlant... hum, va encore falloir biaiser). Voyage au bout de l'enfer du coeur d'un tyran... un joli récit dont on lit le résumé après l'avoir vu, résumé qui nous rassure sur le fait d'avoir trouvé cela avant tout bien joli… Des fumigènes, de la pluie, de la neige cotonneuse enintérieur mais surtout un brin fumeux... Mouais, plus fan des vieux films du gars Miklós... 

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