vlcsnap-error184

vlcsnap-error256

Voici donc (on n’en finira jamais avec les hommages, l'une des parties des Taviani venant de nous lâcher) deux des premiers moyens-métrages du gars Forman. S'il n'y avait pas de guinguettes alterne courses de mobs ou de motos et répétitions symphoniques, les secondes n'étant pas forcément moins bruyantes que les premières ; Forman se focalise notamment sur un petit chef-d'orchestre de province, pas vraiment un surdoué pour mener la baguette mais avec des convictions... et qui ne cesse de tenir des discours (ce qui nous évite souvent d'écouter des cuivres dissonants, on ne s'en plaindra guère). Le type donne des indications souvent aussi précises qu'un tir de missile nord-coréen et on regarde la chose un poil amusé : les musiciens, en face de lui, vieillissant, ne pipent mot et laissent le chef s'orchestrait. Un chef qui se mettra en boule, finalement, devant un jeune musicien qui ne vient que pour des interventions rémunérées ; notre petit chauve à moustache prouvera qu'il a le sens de la répartie ("à bientôt", dit le jeune, 'j"espère pas", rétorque la moustache : et pan !). Bref ça pulse dans la province tchèque.. On aura l'occasion de découvrir d'autres mini-orchestres notamment lors d'un enterrement ou d'un hommage à la star locale disparue, le compositeur Frantisek Kmoch ; on découvrira alors d’autres chefs pas paniqués des hannetons dans le maniement de baguette ou la gestion de mèche rebelle. Bien.

vlcsnap-error326

Dans L'Audition, on s'intéresse à la belle jeunesse tchèque du début des sixties... Les groupes de twist et de rock fleurissent et jouent devant des salles de jeunes qui restent... assis (le tchèque est timide, encore, la nouvelle vague en est juste à ses débuts). On assiste également à des auditions où les jeunes filles se suivent et font montre d’un certain sens de l’originalité dans la médiocrité (oui, c'est un massacre). Entre la chtite incapable de sortir un mot et celle (accompagnée de son frère) qui veut y croire avec son joli minois (mais dont la voix laisse froid comme la mort un jury mangeur de pommes), on ose à peine sourire. On aurait même presque pitié pour cette petite qui a pris tous les risques (elle a donné une fausse excuse à son taff... le seul petit sketch qui semble vraiment scénarisé) et qui s'en revient dans son salon de massage pour pieds toute bredouille (il lui reste du chemin à accomplir à la bougresse - qui a dû finir coiffeuse, c'est encore le mieux qui pouvait arriver à la variété tchèque). Si on fait avec les moyens du bord, on restera admiratif du montage images et son souvent complexe (ouais, j'en suis resté un peu là au niveau de mes velléités cinématographique et j'apprécie toujours cet aspect lorsqu'il est soigné). On est encore plus du côté du doc que de la fiction mais la première vague d'un cinéma libre a déferlé en terre tchèque. Une vague timide mais mignonnette. Milos si tu nous écoutes jouer du violon, c'est pour toi.

vlcsnap-error319