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On parlait juste avant de film noir à propos de l'ami Fuller : rien à voir a priori avec un film tchèque du début des années 80 ; non, si ce n'est qu'ici le personnage du héros est noir du matin au soir (un film parfait pour notre festival sur l'alcoolisme - une oeuvre qui n'aurait d'ailleurs pas à rougir aux côtés du... Poison (The lost Week-end) d'un certain Billy Wilder) et qu'on est,  au niveau « optimisme » dans la même lignée... L'histoire est tout ce qu'il y a de plus simple : une jeune femme d'une vingtaine d'années (la toute fraîche Ilona Svobodová), sur le point de se marier, décide de rendre visite dans un coin perdu de la campagne tchèque à un homme dont elle n'a vu jusqu'à présent que les mandats : son père. Ce dernier (le bourru Josef Vinklár) apprend à la fois que la mère de la chtite est morte récemment et surtout que cette toute jeune personne est bel et bien sa fille - s'attendait pas à cela, le gars. Une réunion sur fond de neige qui part sur des bases plutôt saines… s'il n'y avait une légère ombre au tableau : Josef est un très très sérieux buveur, un alcoolique, un vrai, un dur.  

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Tout le film se développe autour de cette rencontre, de cette reconstruction d'intimité, de cette volonté de trouver dans l'autre un soutien. En dehors de ces discussions entre deux êtres qui ont tout à apprendre de l'autre, n'interviennent que deux collègues de Josef, un vieux et un jeune, une femme que l'on devine être l'amante de Josef (quelques brèves apparitions) et... un chien, récupéré par le Josef dans la forêt et, depuis, totalement dévoué au bonhomme. Ce bonhomme, justement, revenons-y plus longuement car il est un peu la clé de voute de cet édifice friable ; dès le départ, on sent la jeune Ilona pleine de bonne volonté pour recréer le lien - et le père, bien qu'un peu taiseux, semble y croire vu la petite lumière d'espoir qui s'affiche dans son regard en la présence de cette (jeune) fille tombée du ciel, tout comme la neige ; alors oui, il boit un petit coup pour fêter l'événement, voire quatre ou cinq, histoire de le fêter dignement - c'est compréhensible... Il est minable, ses amis le couche, balle au centre, repartons sur de bonnes bases... Bon là, il s'est saoulé sur un petit coup de moins bien mais c'est exceptionnel. Alors, oui, il boit un peu en cachette pour que ses collègues ne lui fassent de réflexions mal placées mais il faut bien qu'il y aille doucement sur le sevrage... Ok, il s'est remis la tête à l'envers hier mais là promis, il arrête... Il faut le comprendre, au départ il s'est mis à boire parce que sa femme l'a envoyé paître, il s'est retrouvé tout seul, lui, mais là maintenant qu'elle est là, qu'ils connectent, font des projets communs, il va arrêter... Disons demain... Tout le drame de cette relation naissante sur fond de neige immaculée tient dans cette incapacité de notre homme à arrêter de picoler alors même que la chtite fait tout pour l'en dissuader. Les sourires d’icelle ne font que masquer son impuissance, son échec - à l'image finalement de cette relation de confiance entre le chien et son maître : ce dernier, abandonné de tous, finit par attacher ce chien qui se retrouve dans la situation dans laquelle l'avait trouvé son maître... incapable d'évoluer, de changer. Le film alterne avec un bel équilibre ces instants plein de légèreté, de complicité dans cette néo-relation père-fille et ces moments lourdingues (comme ce ciel qui se couvre et rend la neige grisâtre) où le corps du père attaqué par l'alcool vacille. Demain j'arrête mais continuerai d'explorer la filmo de ce Vláčil toujours torturée et passionnante - et merci pour le conseil, cher commentateur averti.

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