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Voilà une vraie rareté tournée pour la télé sous le patronage messieurs-dames des Nations Unies, une adaptation de Dickens par Monsieur Quatrième Dimension, Rod Sterling, et avec au générique du beau monde : Sterling Hayden, Ben Gazzara, Peter Sellers, Eva Marie Saint sans parler de Peter Fonda dont il ne subsiste au final que le portrait sur une peinture... Une histoire pavée de bonnes intentions puisqu'il s'agit de démontrer que les Nations Unies qui sont là pour aider les différents Etats à discutailler ben c'est vachement bien, et que c'est toujours mieux que de rester chacun dans son petit coin à jouer les gars sectaires et isolationnistes... Je parlais de "pavé" et justement ce récit a un peu la lourdeur d'un bon vieux pavé de rue du Moyen-Age tant le côté démonstratif se fait ultra lourdingue - un peu comme vouloir enfoncer une punaise dans du liège avec un marteau-piqueur - nan, j'ai jamais essayé mais j'imagine juste... C'est bien dommage parce qu'au niveau de la distribution et de l'esthétisme il y a quand même du lourd pour une production téloche (la séquence dans la brume sur ce bateau rempli ras la gueule de cercueils, ce terrain dévasté post-atomique, cette grange falstaffienne avec une harangue démoniaque du grand Peter Sellers) mais alors, les amis, même un gamin de quatre ans (bien éduqué, ok) finirait par comprendre le fin mot de l'histoire au bout de cinq minutes et n'hésiterait point en cours de route à te regarder droit dans les yeux pour dire à quel point tonton regarde des films assommants - et il aurait po tort le gamin...

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Sterling Hayden se tape le rôle du gros con de ricain qui veut que chacun reste chez soi et les cows seront bien gardées, un type qui a perdu son fils lors de la seconde guerre mondiale et qui l'a franchement amer à propos de cette propension américaine à mettre son nez dans les affaires internationale ; il a de la thune et du power et quand son neveu (le bon Ben) vient le voir au sujet d'un échange entre un prof d'une université ricaine et un autre de Pologne, il l'envoie rudement paître. Que chacun reste de son côté de la barrière, c'est son leitmotiv... Bon le gars va alors bêtement s'assoupir en cette soirée du réveillon qu'il passe en solo et va être visité dans ses rêves par différents fantômes (celui du passé, du présent et de l'avenir), des fantômes qui vont au passage tenter de lui mettre du plomb dans la tête... Séquence relativement envoûtante, donc, sur ce bateau perdu dans la brume, puis scène un peu plus cucul et attendue avec un Sterling jeune aux côté d'une Eva Marie Saint (par définition, on lui donnerait le bon Dieu sans confession) toute émue de voir des enfants japs frappés par cette terrible bombe atomique ("Les enfants n'y sont pour rien, les guerres c'est mal"... Ben tiens, tu plaisantes, même les rats japs sont coupables dans l'histoire), ensuite on enquille avec une séquence presque digne de Lars Von Trier (genre The Five obstructions) ou... des Monthy Python (The Meaning of Life) avec une scène de banquet et, en toile de fond, un camp de concentration ("certaines personnes abusent grave avec leurs richesses quand d'autres rament dru"... j'ai franchement commencé à lâcher, limite grotesque) et enfin une scène ubuesque et futuriste avec Peter Sellers en roi des "moi" qui fait le mariole devant une foule constituée d'andouilles ultra individualistes - Peter Sellers est super fort en Sarko avant l'heure mais même si son petit délire vaut le détour, là encore, on y va po avec le dos de la louche (la grosse, celle pour les marmites, pas la petite pour les rhums arrangés, on s'entend). Sterling se réveille tout abasourdi d'être un beau fumier et même s'il ne lâche rien au gars Ben qui lui rend visite à nouveau (polonais, prof ou plombier, même combat), il décide d'aller prendre son petit dèj... dans la cuisine de ses deux serviteurs blacks - ouais, il a compris un truc, il est super plus open au monde now... On est peut-être au dessus du lot au niveau téléfilm, mais la charge de "grandes idées humanistes" est tellement lourde et balancée de façon si sentencieuse - seul Peter Sellers se marre comme un tordu dans c't'histoire - qu'on a quand bien du mal à adhérer à cent pour cent à la chose... Lourd, lourd... Mais bon, après le tournage dantesque de Cleopatra, ça dut quand même sacrément le reposer, le gars Joseph...

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Prier pour toute l’œuvre de Joseph,