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On comprend ce qui a pu séduire Herzog dans ce récit autobiographique : en 1965, les Américains commencent à bombarder des cibles secrètes au Laos, en vue d'affaiblir le Vietnam; dès son premier vol, un ricain d'origine allemande se crashe, et ne va pas tarder à se retrouver prisonnier... Il ne tombe pas alors vraiment à Disney World, sans véritable espoir d'échappée. Un homme perdu dans une nature hostile, le Herzog non seulement ça le connaît, mais on sait aussi que ça la passionne. Que vaut ce vintage 2006, so ?

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Herzog nous emmène rapidement dans le cœur du sujet après une bien jolie explosion d'avion et quelques mètres d'errance dans la jungle. Dieter Dengler est bientôt sommé de signer une lettre mettant en cause le gouvernement américain, refuse, subit des tortures du cru, avant d'être interné; s'il n'a point craqué jusque là, la situation s'annonce po terrible : il rejoint dans ce camps deux bras-cassés américains enfermés depuis plus d'un an et trois branle-manette d'origine viet qui ne sont point des foudres de guerre... Il comprend rapidement que pour se barrer de l'endroit, va falloir qu'il compte surtout sur lui... Toute cette période d'enfermement a un petit air de déjà vu un peu lassant, et les acteurs ont beau avoir perdu quelques dizaines de kilos - ils fondent à vue d'oeil, surtout Christian Bale - à part manger des asticots, ils ne font pas grand-chose d'intéressant... On retrouve la passion d'Herzog pour la jungle, les rivières et les rapides uniquement lorsque Dieter parvient enfin à se faire la malle - cette partie où avec son compagnon d'échappée ils finissent par ressembler à deux fantômes errants dans un monde hostile est de loin la plus prenante et on regrette presque d'avoir traîné aussi longtemps dans ce camp où presque rien ne se passe - cela fait partie du processus d'hallucination progressive des personnages, mais bon, on avait quand même rapidement saisi le but du jeu. Contrairement à ses films avec Kinski, Herzog, avec une image plus léchée, un style plus classique et moins de pétage de plombs, fait une œuvre avec moins de chair et de sang - on va pas dire que c'est un peu "édulcoré" -genre Hoolywood, tu vois- mais cela suit plus cette pente qu'une version plus personnelle et couillue de la chose. Malgré des paysages (thaïlandais) impressionnants, il s'assagit le petit père Herzog...   (Shang - 13/11/07)

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Bien d'accord avec mon camarade sur cet opus herzogien totalement plat et pratiquement sans aucun intérêt. Si on se lèche les babines dans un premier temps en imaginant tout ce que Werner va pouvoir tirer de sa jungle hostile, on déchante très vite devant ce film plan-plan déjà vu mille fois, et qui est presque moins prenant qu'un bon vieux Don Siegel genre L'Evadé d'Alcatraz. On dirait que tous les passages obligés sont là, bien rangés dans l'ordre, sans style et sans originalité. Il y a même quelques séquences complètement a-rythmiques, complètement bancales, insérées au milieu de cette histoire sans nécessité ; c'est comme si Herzog avait tourné trop de matériel, et qu'il tenait à tout mettre, quitte à casser complètement la progression de l'histoire (la scène des asticots n'est là que pour dégoûter la galerie, elle est d'ailleurs très mal jouée par Bale, qui en fait trop dans la provocation glauque).

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Où est passé Herzog là-dedans ? On le retrouve peut-être dans quelques détails, quelques scènes un peu plus tenues : la séquence d'ouverture, plans documentaires sur les avions qui déchargent leurs bombes sur la campagne vietnamienne ; les longs plans sur les sangsues qui rappelle son goût pour filmer la nature hostile dans toutes ses horreurs ; une caméra à l'épaule presque "reportage" quand Bale arrive en prisonnier dans le village, qui préfère s'attarder sur les "à-côtés" de l'action (les enfants, les insectes) plutôt que sur le motif principal ; une ironie bienvenue lors de la scène où les GI regardent un clip d'information sur la survie en pleine jungle ; ou ces séquences effectivement très belles où nos deux gars s'enfoncent dans un enfer végétal et deviennent presque plantes à leur tour. Ca ne suffit malheureusement pas à faire de Rescue Dawn un film intéressant : trop de maladresse, des acteurs dirigés vers la démence sans vraie justification (Bale n'est pas Kinski, c'est clair), une volonté de plaire au public trop évidente. Un film sans signature, c'est bien le comble pour du Herzog.   (Gols - 20/04/10)

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Venez vénérer Werner : ici

Film tiré du récit de Dieter Dengler, documentaire du même Herzog, c'est