Une histoire de chair et de sang, on voit bien ce qui dès le départ a pu fasciner De Palma dans cette histoire qui lorgne plus du côté du drame psychologique que du film d'horreur stricto sensu. Si l'enfer c'est les autres, on peut dire qu'il s'agit véritablement d'un bal diabolique car la chtite Carrie a tendance à se déchainer pour un peu qu'on lui titille les hormones.

carrie_shot1l


On est en plein dans le teenage movie et l'esthétique de toutes ces scènes de College américain est sûrement celui qui a le plus vieilli et le plus morflé 30 ans plus tard - d'autant que De Palma n'y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il veut se jouer du romantisme à deux balles (Carrie et son compagnon d'un soir sous des lumières bleutées, ça fait quand même grincer des dents). Constamment tournée en ridicule par ses "camarades" (elle panique lorsqu'elle a ses règles (qui sont non seulement tardives mais qui trahissent surtout son innocence en la matière), dotée d'une mère plus cul-béni tu meurs (d'ailleurs...) , notre pauvre Carrie a de quoi se retrouver psychologiquement super tourmentée. Seulement lorsque l'heure de la revanche sonnera, elle aura une fâchcarrieeuse tendance à tout mettre à feu et à sang. Si les premières images du film -ces jeunes filles batiffolant sous la douche et la montée hormonale de Carrie- feraient presque sourire en faisant étrangement penser à David Hamilton, De Palma a le bon goût (eheh) de faire quelques gros plans sur cette douche/pénis, idée qu'il reprendra dans la scène du bal avec cette lance à incendie incontrôlable. Peut-être un peu trop de facilité aussi dans toutes ces scènes mettant en scène les ados qui, comme John Travolta, ont donc vraiment pris un coup de vieux et quelques clins d'oeil un peu trop faciles à l'Hitch, dans cette musique pompée à Psychose, sans parler du parking, où se trouvent les cochons, nommé Bates - d'ailleurs l'assassinat du porc par Travolta est là encore copié aux gestes de Bates dans Psychose. Qui dit de Palma dit "split screen" et une fois de plus on a parfois un peu de mal à voir où le Brian veut vraiment en venir au niveau du fond - si les plans sur la tête de Carrie et de son corps (ses pouvoirs télékinésiques obéissant à/traduisant ses troubles physiques) semblent justifiés, les scènes qui suivent n'ont a priori qu'un caractère purement technique: ok c'est la panique dans tous les coins mais on s'en lasse un peu... Un suspens, enfin, relativement réussi autour de cette épée de Damoclès (la bassine remplie de sang porcin) qu'on s'attend à voir tomber d'une seconde à l'autre sur la pauvre Carrie, avec cette corde devant l'activer qui coince au dernier moment.


carrie_shot5l


A défaut d'être vraiment scary (aime bien au début du film, lorsque le directeur l'appelle Cassie et qu'elle répond "It's Carrie"... et ouais mon gars, vaut mieux po se tromper parfois sur le prénom des élèves), le film me laisse sur une impression -comme presque toujours chez De Palma (c'est pour titiller mon co-blogueur) mitigée, enchaînant des idées visuellement et sur le fond relativement intelligentes à des séquences un peu... plan-plan. Mais bon, il faut reconnaître au Brian un certain brio.