psycho3Bien, eh ben on continue dans la perfection bouddhique avec ce chef-d'oeuvre impérissable. Psycho est très redevable, à mon avis, aux petits films des Hitchcock Presents : on y retrouve, condensées en 100 minutes, toutes les petites trouvailles formelles disséminées dans les courts-métrages. la passion pour le silence, la méticulosité des gestes, le noir et blanc "télévisé", la voix off de la fin, le plaisir du suspense pour le suspense (la scène du flic est très marrante). Bien sûr, Hitch transcende tout ça pour en faire un film profond, très romantique, presque métaphysique, une sorte de quête de l'amour maternel, une version du mythe d'Orphée à l'ère du freudisme.

Inutile de revenir sur les scènes archi-connues (le premier plan, la douche, la mort d'Arbogast, l'oeil depsycho_norman Bates, la scène finale...). Ce qu'on peut retenir après l'éblouissement formel de ces séquences, c'est une fascinante angoisse face à la vie, une attirance/répulsion de la vieillesse et de la mort. Hitch commence à prendre la mort au sérieux, voilà qui change de ses amusements anglais, et qui sera confirmé avec l'univers absurde et puissant de The Birds. Le jeu excellent de Perkins (entre les intériorisations de l'Actor's Studio et les interprétations "extérieures" des acteurs habituels de Bouddha), son sens du rythme et du phrasé, sa fragilité, confèrent au film un côté très sombre, qui finit pas bouffer complètement la légèreté apparente de la forme. Psycho est un exercice de style qui se transforme petit à petit en introspection morbide (je suis en verve).

psychohuisMon seul bémol, qui empêche Psycho d'atteindre la magnificence de Vertigo par exemple, reposera sur les séquences purement informatives de la deuxième moitié du film. Peu inspiré et peu passionné par ces scènes, Hitch, pressé de faire peur au spectateur, se contente de peu, filme frontalement et paresseusement les dialogues (entre le shériff et les héros, entre autres, ou l'explication finale du psy). Autrement, chaque fois qu'il filme Perkins, ou chaque fois qu'il laisse ses images invoquer l'angoisse et la mort, son film atteint une puissance d'inquiétude et de désespoir inégalée.

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