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Je n’avais pas revu depuis sa sortie cet opus du sieur Almodovar, un opus qu’on pourrait appeler de « transition » (avec Femmes au bord de la Crise de nerfs) entre ses œuvres du passé (plus fauchées, plus foutraques, plus délirantes aussi) et ses œuvres à venir, plus polissées, plus mélodramatiques, plus maîtrisées (et, désolé, un peu moins à mon goût… j’ai une petite tendance à préférer les œuvres sanguines aux œuvres dites « matures », c’est un fait. Bref). Une histoire à la ligne claire : Banderas sort d’un asile, kidnappe l’actrice avec laquelle il était sortie (un soir) un an auparavant, l’attache… et attend patiemment qu’elle tombe amoureuse de lui. Pas franchement gagné d’avance (d’autant que notre gars a une approche qu’on pourrait qualifier de « brutale ») mais on est tous au fait du syndrome de Stockholm qui pourrait tout autant devenir le syndrome de Madrid.

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J’avoue que j’ai un petit faible pour cette œuvre « de transition » et que je suis moins déçu, à la revoyure, que lors de celle de ces Femmes nerveuses. Sans doute parce qu’il y a encore de l’humour (grinçant), sans doute parce que Abril, Banderas, León, de Palma sont encore tout frais et pimpants, sans doute parce que le mélo n’est point encore trop appuyé, sans doute parce que c’est sans conteste soigné sans trop se prendre au sérieux. On se marre devant ce tournage de film de série B avec Abril pendue au balcon dans un mouvement de pendule, devant ce réalisateur (sur une chaise roulante… déjà des troubles de rhumatisme chez Pedro ?) qui tourne en rond ou qui se lance danse une danse chaloupée sur ce fauteuil qu’il maîtrise à la perfection, ou encore devant cette farouche Rossy de Palma qui fera passer un sale quart d’heure à notre héros. On frémit devant les accès de colère et de brutalité d’Antonio qui n’est pas vraiment tendre, au départ, dans son désir de séquestration forcée. On soupire de sentimentalisme devant ce petit cœur d’Abril qui finit par fondre devant les maladresses, les faiblesses, le désarroi, la solitude de son kidnappeur. On n’est plus dans les cris et la fureur, on n’est pas encore dans le bel ouvrage trop sage, on est simplement devant une petite comédie sentimentale plutôt surprenante et audacieuse joliment troussée. Bref, toujours attaché à cette œuvre sans doute mineure du maître, mais qui procure son petit lot de plaisir almodovarien (fulgurance de couleurs, qualité des dialogues, tension et légèreté impeccablement  mêlées).

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