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Eh oui, parfois (merci Criterion...) on tente de se replonger dans des trucs mélodramatiques des nineties en se disant qu'on avait peut-être loupé quelque chose à l'époque, qu'on n’était pas assez mature... et puis non, c'est juste le film qui ne l'était pas. J'avoue que le titre me pince encore le cœur puisque Streisand adapte un bouquin de Pat Conroy que j'eus aimé ado (au point d'appeler mon chat Savannah - c'est dire) mais comme j'aimais aussi à l'époque John Irving, faut pas prendre cela pour argent comptant... Bref. On va faire court, c'est promis. Soit donc Nick Nolte (ahaha, l'un des pires acteurs de sa génération et des suivantes) qui se rend au chevet de sa sœur (elle a tenté de se suicider) à New-York ; il est du Sud, il n’aime pas la ville et doit se taper des rencarts avec la psy de sa sœur Barbra herself - as the docteur Lowenstein (...). L'horreur. Nick en a déjà gros sur la patate (un frère mort, une sœur, donc, mal en point  + des traumas d'enfance divers, il aura le temps de les évoquer avec Barbra...) et sa femme lui annonce au téléphone qu'elle le quitte ! Nick est mal. Heureusement il parle, parle, parle avec Brabra et lâche quelques poids sur sa conscience : un père violent et un épisode affreux durant lequel quasiment toute sa famille se fit violer - oui, ça plombe. Il se déleste tout de même ainsi de ce lourd poids du passé et tombe peu à peu (imaginez la grande carcasse de Nick !) dans les bras de Barbra (on voyait le truc venir comme le nez au milieu de la figure). Love, love Lowenstein (onomastie quand tu nous tiens...) mais attention un coup de théâtre est encore possible : alors qu'il file le parfait amour avec la psy, ne risque-t-il pas de revenir à sa femme si elle le lui demande gentiment ? (Barbra ayant reconstruit l'homme, son égo et sa fierté, cette passion entre les deux ne serait-elle pas finalement qu'une métaphore d'un homme ayant eu besoin d'un souffle d'affection et de confiance pour rallumer la braise ? Mouais...)

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Ah oui c'est plan-plan, daté à mort et long... Nick Nolte incarne à lui tout seul tous les défauts du film : pas crédible dans la colère, pas crédible dans la comédie (ou malgré lui : le gel dans les cheveux ohohoh), pas crédible dans la tristesse (Nick Nolte qui pleure c'est un peu Bruno Lemaire qui ferait de l'humour), pas crédible comme acteur... Barbra, pour sa part, a beau exhiber ses jambes sous toutes les coutures, elle a quant à elle bien du mal à incarner the sexy woman of the century. Tout est basé sur leur alchimie (oups) et sur le pathos de ces épisodes traumatisants qui sont tellement vite balancés qu'on a franchement du mal à y croire. On comprend bien que tout repose sur les brisures du Nick qui tente, derrière ses petites blagues (au moins pendant le premier quart d'heure, après il n’a plus d'inspiration), de garder la face. Il entraîne au foot américain un ado (le fils de Barbra), séduit donc la mère, humilie le connard de mari d'icelle... Ah ça oui, il va reprendre la confiance dis donc ! Les ficelles sont tellement tellement énormes que même l'émotion facile a du mal à sourdre (oui, cela faisait longtemps que j'avais envie de sortir ce verbe). Disons-le franco : l'aspect nostalgico-romantico-mélodramatique du film est foiré. Si Nolte fait tout ce qu'il peut pour détruire le peu de feeling du film, les autres postes (acteurs, musique, dialogues...) ne sont guère plus glorieux. A l'étale...

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