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Sur un sujet un peu casse-gueule, la perte d'une mère par un gamin de neuf ans (on pourrait d'ailleurs faire un lien sur la chronique de la Chambre du Fils de l'ami Gols), Bellocchio s'essaie à ne pas trop tomber dans le mélo avec plus ou moins de finesse. Son récit s'avère être finalement plus celui d'une "rédemption" puisqu'il illustre la façon dont un homme, obsédé par l'image de cette mère perdue si tôt, est parvenu un jour à s'en "détacher" et à tomber amoureux d'une autre femme. Histoire relativement classique en soi quand on y songe, que Bellocchio tente de traiter en mêlant différentes époques - celle de la jeunesse, de la réussite professionnelle ou encore celle de la rencontre avec la femme aimée ; on ne cesse de faire des va-et-vient entre ces diverses périodes comme pour mieux montrer toute la difficulté de notre héros à couper le lien avec la figure de cette mère qui l'a suivie pendant des années. Avec des hauts et des bas.

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Bellocchio est toujours sur la corde raide pour traiter son sujet, tombant parfois un peu dans la facilité mélodramatique (le gamin ne voulant laisser partir le corbillard au début, la lettre dans le journal en réponse au lecteur qui n'aimait pas sa mère...) mais parvenant aussi souvent à toucher subtilement la corde sensible (la scène de cache-cache avec la mère sur la fin...). S'il y a en effet quelques "passages obligés" que Bellocchio ne traite pas forcément avec une grande originalité (la « mère de substitution » qui refuse de jouer le rôle de la mère, la mère d'un meilleur copain (la toujours parfaite Emmanuelle Devos qui se fait si rare) si merveilleuse aux yeux de l'enfant par sa douceur, la mort d'une mère en ex-Yougoslavie sous le regard indifférent de son enfant (un épisode aussi putassier que la photo que son partenaire en tire)...), il réussit parfois quelques bien jolies séquences qui permettent au film de décoller : notre personnage principal, joué avec une grande sobriété par l'excellent Valerio Mastandrea, peine à lâcher la bride, à se défaire de cette image sclérosante et étouffante de cette femme - sa mère - si "parfaite" ; dès lors qu'il va en apprendre plus sur les conditions de sa mort, dès lors qu'il va rencontrer la désirable Bérénice Béjo (je veux le même docteur), notre homme va enfin pouvoir voler de ses propres ailes. C'est de Bérénice que viendra la lumière (en écho avec la séquence du prof évoquant les étoiles et la naissance) et elle va totalement libérée le Valerio : la scène (j'en arrive enfin à où je voulais en venir) absolument irrésistible de la danse endiablée lors de l'anniversaire de mariage des grands-parents de Bérénice. Après des scènes (et une vie) un peu convenues (les différentes étapes de son évolution en tant que journaliste), on a l'impression que Bellocchio retrouve un semblant de verve et de peps pour redonner naissance à son personnage principal. On quitte le film en étant du même coup un peu partagé : il y a un certain tact chez Bellocchio pour traiter de son sujet (il sait flirter avec les émotions sans essayer d'en faire trop) mais il peine pendant une bonne partie du film à ne pas enfiler les perles/scènes de "l'homme sous l'emprise de son passé constamment en proie aux doutes". Il parvient tout de même, sur la fin, à trouver le juste équilibre entre instants d'émotion et petite pointe d'humour - n'en rendant le film et son personnage « libéré » - que plus attachant. Bref un sujet difficile traité avec une certaine sensibilité mais on en attendait, il faut le dire, un peu plus de la part du Marco. 

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