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Hathaway n'est pas du genre à mettre la charrue entre les boeufs (oui, le rythme est relativement nonchalant) mais nous livre une nouvelle fois un joli travail d'artisan avec ce récit subtil qui sait patiemment s'attacher à la psychologie de chacun des personnages et qui se trouve magnifié par ces somptueux paysages des Ozarks technicolorisés. John Wayne marque des points dès le départ puisqu'il est trafiquant d'alcool. C'est malheureusement un peu le seul : devant se coltiner une famille peu reluisante (la tante, une vraie sorcière toute en haine), notre homme, plutôt fermé pour ne pas dire taiseux, vit avec une obsession : retrouver ce père qui les a quittés alors même que sa mère était mourante et le flinguer... La chtite Betty Field (un vraie rayon de soleil) tente de faire ressortir le bon fond (de bouteille) qu'il y a en lui. Mais malgré son sourire et sa jeunesse vivifiante la Betty rame. Elle tente de se consoler en s'occupant de ce vieil homme (l'excellent Harry Carey... serait-il justement LE père de John... Bah, c'est évident dès la première seconde) qui veut s'installer envers et contre tout (la population locale est aussi accueillante qu'une meute de pitbulls) dans cette région escarpée. On comprend vite (que c'est le père de John ? Oh vous êtes lourd) qu'il s'agit du good shepherd de l'histoire. Notre homme soigne les gamines à l'article de la mort, veut redynamiser l'économie de la région (en remplaçant le trafic d'alcool par l'élevage de moutons...), s'occuper de l'idiot du village (il s'est pris la foudre, le jeune bougre) et même redonner la vue à une vieille. Un vrai berger biblique, on est d'accord. Seulement voilà, dans cette atmosphère relativement délétère (the good shepherd face à l'autochtone qui tend au mouton noir) et tendue comme une pine de pins des Monts Ozarks, on attend surtout l'ultime confrontation entre Wayne et Carrey. Celui-ci sauvera-t-il celui-là et à quel prix, hum humm ?

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Un film qui repose indéniablement sur un rythme lent, relativement avare en scènes d'action (une baston pour Wayne, c'est le minimum et une poignée de coups de feu) mais qui fait insidieusement son chemin en notre esprit. Dès le départ, il faut dire, on perçoit l'aura bénéfique de l'ami Harry qui tente de vouloir de bien à tout un chacun. Notre homme, à la fois sur le chemin de la rédemption et rédempteur, tente d'insuffler un vent de renouveau dans cette vallée en ayant toujours une attention (et au besoin de la thune) pour son prochain... On a notamment particulièrement gouté à cette séquence où il part à la pêche avec le John (le seul à ne pas se douter de sa véritable identité) une séquence qui fait curieusement ou nipponnement penser au sublime Il était un Père tourné l'année de suivante par le master Ozu (tisser un fil entre les deux films peut paraître un brin osé, j'en conviens). D'autres séquences font également leur petite impression (la vieille recouvrant la vue et découvrant le monde, le cercle de feu de cette méchante sorcière autour de son fils mourant, Carey prenant tout son temps pour inspecter les lieux abandonnés de son passé...) et l'on apprécie tout le savoir-faire de Hathaway capable de prendre tout son temps pour tisser des liens entre ses personnages. Les discussions entre Betty Field et le paternaliste Carey ou celles entre la même Betty et ce renfrogné de John Wayne sont un vrai bonheur : soutenue par celui-là, cherchant à sauver celui-ci, Betty Field, par sa candeur et sa bonne volonté, apporte à chaque fois une pointe d'optimiste dans ce paysage beau mais sombre. Une belle réussite au final du gars Hathaway pour peu que l'on se donne le temps de se laisser bercer par cette histoire et cette nature à la fois sauvages et éblouissantes (ok, la toute dernière image, genre poster de chambre pour ado illuminé, est un peu too much - ça sentirait presque l'abus de technicolor ; mais cela ne gâche en rien une œuvre dans l’ensemble très joliment dessinée).   

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