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Je sentais qu'un jour ce gars Nichols, qui m'a toujours laissé un peu figue, allait nous pondre un scénario à la Shyamalan. Ben c'est fait avec en plus des emprunts plus ou moins bienvenus à Spielberg (genre, en mash-up, "I see E.T." - le mioche aura même droit au coup du drap sur la tête, bouh !), voire à Lucas, avec cette fameuse salle toute blanche qui lorgne du côté de THX 1138. On suit donc les mésaventures d'un gamin tout lumineux de l'intérieur kidnappé par son propre père (l'incontournable Shannon et son regard torve) : le gamin, qui a le don de capter des ondes (!) intéresse au plus haut point le FBI et les services secrets - il a huit ans mais, à leurs yeux, il est super dangereux, of course. On assiste donc à une longuette course poursuite entre les flics et les parents du gamin (elle a grossit Kirsten Durst ou c'est moi ?). C'est également une course contre la montre car un jour fatidique a été annoncé par le gamin : une rencontre avec les extra-terrestres aura-t-elle lieu ce fameux Jour J ? C'est original.

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On aime chez Nichols ces longs plans tranquilles et cette musique planante, son art du story-telling en un mot, même quand il ne se passe pas grand-chose. Ici, vu les tenants et les aboutissants de la chose on a quand même méchamment l'impression d'être pris pour des jambons (intergalactiques, certes, mais des jambons quand même). Il est bien sûr question de la notion de famille (Steven, si tu nous écoutes) : elle se doit d'être unie, réunie, jusqu'au bout pour le bien du gamin... ou pas, si jamais il décide de se barrer avec ces individus lumineux avec lequel il partage plus de points communs qu'avec ces ternes humains. Du coup, sur ce plan, on se sent déjà un peu floué : vive la famille, hein, c'est THE valeur de base... mais pas forcément, au moment du choix final. La démonstration paraît du coup un peu bancal. Qu'en est-il sinon du côté de ces fameux extra-terrestres ? Le gamin, comme E.T. semble avoir des pouvoirs, mais il ne s'en sert jamais (c'est franchement bêta, on ne voit du coup pas trop l'intérêt). Un gamin, d'ailleurs, il faut le préciser, qui fait la gueule (comme son pater) du début à la fin avec ses lunettes de plongée - irritant. On s'accroche tout de même jusqu'au bout pour cette fameuse rencontre du troisième type annoncée... qui n'aura pas vraiment lieu malgré la présence d'un "représentant du gouvernement" gentil tout plein (Adam Driver as Paul Sevier - a French name en hommage à Claude Lacombe ? il doit y avoir de ça, mais là encore la piste ne mène à rien de bien concret...). On se sent pour ainsi dire pris pour des moules creuses par ce scénario qui met en place, certes, un certain suspense mais qui débouche sur quelque chose de franchement creux et gnangnan... Toujours aussi génial ce Nichols, hein, les gars ? Je dis ça, je ne fais pas le fanfaron.