On est rapidement plongé dans l'ambiance dans ce thriller politique à la française : Dussolier (royal) en homme politique de l'ombre parvient rapidement à convaincre un écrivain à la dérive, Poupaud (princier), d'écrire un bouquin pour servir ses "intérêts" ; on est dans le petit monde des guillemets, dans le petit monde où l'on se parle, l'on s'entend à demi-mot : on comprend grosso-modo qu'il va s'agir de se servir de groupuscules d'extrêmes-gauches (faut bien qu’ils finissent par servir à quelque chose, de nos jours) pour venir ternir la carrière d'un Ministre de l'Intérieur. Poupaud se prête à ce jeu de dupes sans savoir vraiment dans quoi il met le doigt...

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Pariser nous sert une atmosphère à la fois cosy et trouble avec en maîtres d'œuvre deux interprètes dont l'on est particulièrement fan. Cela nous donne une première demi-heure toute en mystère, autant de promesses pour la suite. C'est malheureusement un peu là où le bât blesse... Une fois qu'on a compris qu'il se tramait dans l'ombre du pouvoir des coups fourrés pas très catholiques (ah les arcanes de la politique), on a presque déjà atteint les limites de cette œuvre qui ne creuse pas plus son sujet qu'une pelleteuse Playmobil. Même si Pariser nous sert un petit twist sur la fin (ohoh, faut se méfier des apparences, hein...), on a depuis longtemps perdu tout espoir d'assister à un thriller politique réellement captivant... Dès que le gars Melvil se met au vert dans cette ferme altermondialiste et flirte avec une petite blonde pas commode, on perd totalement de vue le sujet principal - on finit par nous balancer deux trois infos sur le tard pour faire semblant de nous tenir au courant et pour nous montrer qu'on n'est pas dans un monde de Bisounours mais, encore une fois, notre foi en une enquête fouillée des hautes sphères politiques et de leur capacité à nous manipuler a depuis déjà longtemps sombré. Reste au final un produit à la forme joliment ficelée (Pariser ose des discutes en plans-séquences qui tiennent vraiment la route) mais dont le fond demeure, au final ... peu profond. Une veine, pourtant, dans le cinéma de l’hexagone, à creuser.  

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