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Un western sec comme un coup de Peck : Jim Douglass débarque dans un bled pour assister à une pendaison. Rien de morbide dans cette envie, juste la volonté d'être sûr que les quatre assassins présumés de sa femme vont payer le prix. Peck est droit dans ses bottes, déterminé, sans joie dans la revanche. Seulement voilà les quatre hommes, la veille de leur mise à mort, parviennent à s'échapper. Peck, avec une poignée d'hommes du village un brin "amateurs", se lancent à leur trousse, bien décidé à leur faire lui-même la peau, froidement, mécaniquement. Seulement ces quatre braqueurs de banque, qui ne sont par ailleurs sûrement pas des anges, sont-ils vraiment responsables de ce viol et de ce meurtre en particulier ? Et si la véritable horreur, pour Peck, après la mort de sa femme, consistait à accuser des hommes à tort ?

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Quand Peck se lance sur la trace des quatre hommes, on sent dès le départ que les fuyards ont autant de chance de s'en sortir que s'ils étaient dans un évier : Peck est un chasseur qui ne laisse rien au hasard et ils ont toutes les chances de finir dans les mailles (...) de son filet. Lee Van Cleef, l'un des fuyards, se dissimule dans les herbes hautes pour flinguer Peck ? Peck, inspiré sans doute par Pan, parvient à observer l'imperceptible mouvement étrange d'une touffe. Peck surprend Lee et pan pan pan : exit Lee. Next. Un autre homme se trouve en embuscade dans une forêt : le cow-boy Peck l'attrape au lasso et le pend par les pieds. Dans les deux cas, il n'a obtenu aucune confession, comme si cela confirmait qu'ils étaient vraiment des salauds. Peck est un héros au regard si froid. Sans empathie, sans hésitation. King filme ses mises à mort sans pitié (surtout celle de Lee) dans toute leur horreur et leur violence. Celle de l'ouest assoiffé de vengeance.

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Seulement (spoiler, je vous préviens) cette chasse macabre n'a pas encore atteint le fin fond de l'effroi. On sait que le troisième des quatre hommes en fuite lorgne méchamment sur la jeune femme qu'ils ont prise en otage dès le départ et qu'il ronge son frein en attendant d'être seul. Bref, c'est un violeur en puissance, sans aucun doute celui qui fut responsable du viol de la femme de Peck. Seulement voilà, dans la dernière ligne droite, un coup de théâtre va révéler le dessous des cartes. Peck, qui se voulait juge et shérif au nom de sa propre cause, va se rendre compte avec terreur de sa méprise, du vide glacial de sa théorie de l'œil pour l'œil... C'est là toute la puissance du film de King sans avoir l'air d'y toucher. Certes notre gars cinéaste ne nous sert pas une réflexion contre la peine de mort (n'exagérons rien) mais prouve au moins tout l'aveuglement qu'il peut y avoir dans la volonté de se venger. Et c'est déjà beaucoup. Et c'est déjà malin, d'autant que Peck au capital sympathie immense, se retrouve sur le fil comme un flan, effrayé par sa méprise, par ses propres meurtres... Il aura droit malgré tout à un happy end un peu téléphoné (même si les beaux yeux de Joan Collins excusent tout) mais son regard, au moment où il comprend son erreur, fait froid dans le dos : cela suffit pour rendre ce film résolument audacieux - le cow-boy digne d'un inspecteur Harry anachronique face à sa propre bêtise vengeresse. King filme carré, propre, (et joliment les nuits bleues...) mais nous surprend subtilement dans le fond. Une œuvre où Peck s'y trompe, fallait oser.   

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