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Cela commence avec une histoire d'amour joliment montée en cut, une histoire rapidement avortée (elle tombe enceinte, il refuse de l'épouser) pour laisser la place à une bonne vieille dénonciation sociale à la soviétique : les koulaks (les riches propriétaires paysans) continuent d'exploiter les pauvres villageois et n'hésitent pas, au besoin, à les assassiner. Prolétaires, continuez de vous tenir sur vos gardes pour lutter contre le cancer du capitalisme ! Bon, les discussions et les engueulades de la petite communauté dans une baraque en bois sont loin d'être passionnantes : même si on reconnait au passage cette bonne vieille école russe du montage (visages éructant montés à la mitraillette, gros plans sur des poings levés ou des doigts pointés qui décomptent les voix lors de l'élection...), on s'ennuie tout de même un brin.

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Il faudra une course dans la neige filmée tambour battant pour nous sortir de notre torpeur (le caméraman est-il embarqué sur des chiens de traîneau ? En tout cas, ça défile sa mère) ou un accouchement en solo et au forceps (la fonte des glaces qui s'en suit tombe symboliquement bien...) pour que l'on retrouve un semblant de beauté (dans les paysages) et d'efficacité (la fameuse école de montage déjà citée). Oui, Camarades, il ne faut rien lâcher même dans les endroits les plus isolés : on ne vous oublie point et vous recevrez du soutien, le temps venu. Certaines ellipses dans le récit nous perdent parfois un peu en route et l'on regrette que le côté sentimental rapidement ébauché (ce joli baiser nocturne plein de douceur) soit si vite mis de côté. Le portrait de ces paysans reculés vintage restent tout de même saisissant et ce voyage dans l'histoire et dans l'espace mérite malgré tout le détour... Et puis c'est Barnet, quand même, hein, pas un manchot même en milieu glacial sur les bords de la Volga.

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