9782818017401Pas très consistant, genre "petit tapas" comme me le disait un client récemment (en parlant de Mme de La Fayette, excusez du peu), Un dernier Mensonge n'en est pas pour autant désagréable. C'est même une fine narration joliment menée, dont la brièveté dissimule une langue pourtant assez savante et pensée. Le point de départ : un mensonge anodin fait par le narrateur à une ex-amie qu'il a perdue de vue et qu'il croise dans la rue. Un mensonge pour arranger les choses, pour être gentil, un mensonge social et complètement dénué de malice. Pourtant, il va être le point de départ d'un engrenage diabolique qui, de fil en aiguille, va déboucher sur une crise d'hystérie dantesque. Pas mal d'humour dans ce portrait d'une folie obsessionnelle, celle d'une femme jusqu'au boutiste qui revient tester pour une soirée la fidélite de son ami passé, et en profite pour exercer sa domination sans concession. La langue de Jouet est raffinée jusqu'à l'auto-caricature, et c'est très plaisant de voir le gars s'emmêler dans une sordide histoire plus ou moins sexuello-littéraire dans une écriture si tenue, presque désuète. Quand le narrateur finit par déborder de son statut de littérateur savant, on rigole même franchement devant ses débordements. C'est vrai que la chose reste peu en bouche, et que dès le livre fermé, il s'oublie aussitôt ; ça n'est pas vraiment un de ces grands textes qui vous bouleversent. Mais ma foi, c'est plaisant, et ça finit par dire pas mal de choses sur le petit jeu social, sur le renoncement et sur ce que deviennent les convictions quand elles sont déçues par l'épreuve du temps. Joli moment.