imagesEt voilà comment un site auto-proclamé "pointu et nécessaire" a fini par se tirer une balle dans le pied. Bien, me voilà donc le seize millionième spectateurs français de ce film comique au succès incommensurable. Pour ceux qui ne connaissent point l'histoire (quoi ?), rappelons qu'il s'agit d'un buddy movie à la française entre un grand noir aux chaussures blanches (Omar Sy m'a toujours fait rire quand il rit, sinon moins) et un tétraplégique à quatre roues (François Cluzet m'a toujours fait rire dans L'Eté meurtrier à l'époque où il n'était d'ailleurs que sur deux roues : "Je vais gagner, merde !"). C'est adapté d'une histoire vraie donc ce n'est point caricatural, nan : notre héros de banlieue a été élevé dans une tribu en HLM, fume des pétards, a une culture forcément limitée et est super cool ; notre héros blanc est riche, est plutôt tendance Figaro, apprécie la manière forte pour se débarrasser des individus gênants et est fan de musique classique. Tout devait les séparer, ils vont devenir potes comme cochons (celui-ci l'initiera aux putes thaï et aux pétards, celui-là à l'Art avec un grand A, c'est beau, j'ai encore une larme qui coule), fermons la parenthèse de cette fable, ah non pardon de cette magnifique histoire vraie qui ferait passer l'optimisme d'Amélie Poulain pour un pamphlet célinien. Bref, attention, il ne faut point s'attarder sur le fond car c'est avant tout un film drôle devant lequel on est invités à ne point être coincé du cul, mon brave. On apprécie en effet les blagues originales ("Pas de bras, pas de chocolat", trop fort), les blagues osées (Cluzet avec une moustache hitlérienne et Sy qui se gondole parce qu'il ne peut faire le salut nazi - "pas de bras, pas de faf", version bis), les blagues téléphonées (Omar Sy qui tend le portable de Cluzet et celui-ci de ne pouvoir s'en saisir - "Pas de bras, pas de Motorola", version ter)... Bref (comme dirait l'autre), j'ai vu - sans condescendance, promis juré - le plus grand succès français de tous les temps - en entrées, tel que c'est parti - et je n'ose pas trop la ramener... (et dire que j'ai osé faire la fine bouche sur Design for Living, cela me servira de leçon, tiens...). Intouchable, ouais...