4Pas grand chose à reprocher à la parfaite élégance des images de Makk, qui illustrent cette bonne vieille époque communiste où l'on enfermait, quand cela vous chantait, n'importe quel opposant politique. L'histoire est ici simplement contée à travers les relations d'une très vieille dame avec sa belle-fille qui vient tous les jours à son chevet. On sent tout le respect qui les lie, leur affection, et on comprend peu à peu que la belle-fille fait croire à la vieille dame digne mourante que son fils est aux Etats-Unis, retenu par le tournage d'un film. Le pauvre type est en fait incarcéré et sa femme est sans grande nouvelle de lui. Alors que la vieille dame agonise, sa belle-fille espère que son mari sera libéré pour pouvoir lui rendre une ultime visite... Makk réalise un film d'une immense sobriété où l'on ressent tout le désarroi de cette femme pour tenter de donner de l'espoir à sa belle-mère (elle écrit elle-même les fausses lettres). Un désarroi doublé d'un fatalisme terrible à l'image de cette scène où le docteur impuissant vient demander à la femme ce qu'elle souhaite qu'il fasse pour cette vieille mourante : elle répète à l'envi un "Faites pour le mieux" glacial comme si cette époque n'était plus celle où l'humanité avait des droits. De même, quand elle retrouve sur la fin son mari, la gêne qu'il y a entre eux est incroyable, fait même froid dans le dos, comme si après une telle période de doute il fallait réapprendre à s'aimer. Makk distille dans son film des "petits flashs de conscience" (on pense au Diamant de la Nuit de Nemec vu il y a peu), micro flashs-back ou instantanés de la pensée, qui ajoutent une belle dimension humaine aux personnages. C'est ultra rapide et assez subtil, mais cela apporte quelques secondes d'accélération dans un film où le rythme, avouons-le, est tout de même assez roploplo (à ne pas regarder sous tranxène, clair). Belle interprétation, en passant, des deux femmes qui donnent beaucoup de crédibilité à leur relation affective.

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