watchmen_2Difficile de ne pas reconnaître l'ambition de ce film aussi bien au niveau visuel - un univers relativement sombre parfaitement traduit - qu'au niveau scénaristique - multiples flashs-back pour découvrir plus en profondeur un personnage et thématiques fouillées sur les notions d'héroïsme, de manipulation et de sacrifice... et j'en passe. Les différents personnages de super héros "sur le retour" sont également d'une belle complexité, du méga super héros tout bleu et tout nu (mais qui porte quand même un slip quand il se bat contre les Viêt-congs, un peu de pudeur) au personnage peu reluisant en charge du sale boulot (les vieux démons américains) en passant par l'idéaliste masqué ou par le super héros qui bande mou en présence d'une véritable bombe sexuelle (mais qui retrouve "l'inspiration" - ou l'érection si vous préférez - en écoutant Hallelujah de Léonard Cohen... A chacun ses fantasmes certes...). Mélangeant malicieusement fiction et réalité - je fais court : on est dans les années 80, Nixon est encore et toujours au pouvoir après avoir remporté la victoire au Vietnam; la tension entre le bloc américain et soviétique, cette bonne vieille guerre froide, atteint son point culminant -, cet univers, temporellement en décalage, permet de brasser moult réflexions géopolitiques de la force de dissuasion à l'adage "la fin justifie les moyens" en se permettant d'évoquer même au passage les conséquences plus contemporaines des événements du 11 septembre. Vaste projet, me direz-vous, s'appuyant sur des effets spéciaux privilégiant surtout le côté Watchmen_OzymandiasFullangoissant de cet univers aux éternels combats et explosions propres au genre, et bénéficiant d'un vrai travail sur l'ambiguïté des personnages en évitant les traditionnelles ornières manichéennes. Bon. J'avoue tout de même être sorti un peu exténué des 2h40 de cette oeuvre, comme après m'être goinfré de 3 kilos de bonbons Haribo (à chacun son péché mignon...). Je ne suis, certes, pas un grand adepte, en général, des effets spéciaux numériques - j'ai vieilli à ce point ? - et j'avoue avoir eu bien du mal à vraiment rentrer "corps et âme" dans cet univers certes original mais finalement, à mes yeux, guère émouvant. D'où cette chronique sûrement un peu sèche que me pardonneront, j'espère, ceux qui y ont pris totalement leur pied (et il y a matière, j'en conviens aisément)... Mais voilà, c'est peut-être po vraiment mon truc ou mon trip, je pense, tout simplement...