Retour dans les travées d'une fête foraine hongroise en introduction de ce film qui passe tout à fait la barre. Absolument point question de "Sorcière" - faut décidément que les traducteurs de titres arrêtent la coke - mais d'une magicienne, Zara - non rousse à priori mais affublée d'un chapeau de l'espace de la plus belle eau - incarnée par la remuante et chafouine Aileen Pringle. Avec un lanceur de couteau - forcément amoureux d'elle - et son père, elle monte un petit numéro de magie qu'un gamin de trois ans pourrait déjouer - l'utilisation de faux bras en plastique, arrgggh! Cela ne l'empêche point d'être remarquée par un type qui leur colle aux basques depuis un petit moment : il s'agit d'un certain Michael Nash, escroc professionnel, qui décide d'embarquer toute la troupe aux Etats-Unis, pour forcément monter des arnaques. Un premier coup d'essai pour s'attirer la confiance des braves gens friqués et ensuite, crac, on se glisse dans la brèche pour chopper du lourd.

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On retrouve scénaristiquement la même structure de base que dans White Tiger, mais avec ici un peu plus de bisbilles dans les relations sentimentales. Nash décide de gagner la confiance d'une certaine Doris Merrick, jeune héritière flouée par son tuteur. Grâce à un tour de magie d'une grande subtilité, il parvient à faire apparaître le La_sorciere_1925_Tod_Brownifantôme de son père (John Merrick... John Merrick!!!!... The Elephant Man ?! Bonne réponse) qui accuse le tuteur de malversation. Le tuteur se conchie et Doris, qui a récupéré la mise et est super contente de se faire de nouveaux amis, vient habiter, innocente comme un agneau, chez cette petite bande d'escrocs à la ramasse. Le lanceur de couteau est amoureux - et jaloux - de Zara qui est amoureuse - et jalouse - de Nash qui est amoureux - malgré lui - de Doris et de Zara... Bel imbroglio qui n'est malheureusement pas complètement poussé à bout. Rapidement Zara veut remettre la main, sentimentalement, sur Nash alors que le lanceur de couteaux commence à se demander s'il n'est pas en train de se faire arnaquer sur les deux tableaux... Belle séquence finale - wooesque ou tarentinesque si on osait l'anachronisme - avec chacun des personnages qui menace son vis-à-vis avec un couteau ou un flingue. Et la police de veiller dans l'ombre... Belle tension là encore, unfortunately un peu rapidement dégoupillée mais qui donne de jolis plans sur les faciès inquiets de chacun des quidams qui a peur de se faire doubler - l'arnaqueur arnaqué ou encore l'arnaqueur pris au piège de l'amour, oui, heureusement, qu'on ne me confie point finalement la responsabilité des titres... Il manque sûrement un personnage masculin inquiétant comme peut l'être la tronche de Lon Chaney, les baisers passionnés de Zara ne nous font que rarement vibrer, mais on n'est malgré tout pas déçu de ce petit voyage en terre browningienne. 

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