film016_bk01_1_Drôle de monde que celui de Shunji Iwai où le côté un peu foutraque et maladroit cotoie des moments plus attachants, faisant de ce film-ovni une oeuvre plutôt originale.

A la mort de sa mère, une jeune fille chinoise vivant dans un quartier très pauvre (Yentown, eheh) en banlieue urbaine japonaisefilm016_bk02_1_ est recueilli par une prostituée. On suivra en partie sa trajectoire dans ce Nippon chinoïsé et américanisé, en compagnie d'une faune des plus colorées. Iwai tergiverse pour trouver le ton de son film, entre quête ado, violence tarentinienne, comédie (trop légère), Bagdad Café (si, si, ils vivent tous dans un no man's land coincé entre une décharge et une guinguette bladerunnerisé) et le film musical dominé par My way de Sinatra... (vous suivez plus, là? normal.)

yen_tow3_1_1Porté par la musique de Kobayashi (Kill Bill), une caméra en perpétuelle mouvement (C'est pas Cassavetes quand même...) des colorisations clipesques plus ou moins réussies, on se demande un peu où Iwai veut nous amener au bout de 2h30... Si sa volonté de s'attacher à tous les laissés pour compte de la société est plutôt louable, la pseudo intrigue policière entre scène de flinguage à la Woo (au mieux, photo) et explosion à la Besson (c'est traître mais bon... dès qu'il y a un bazooka, Besson est devenu LA référence... ah si) n'a elle que peu d'intérêt: des faux billets réalisés à partir d'une cassette (?) retrouvée dans le corps d'un mafieux (??))... On ne peut pas non plus reprocher à Iwai de sortir des sentiers battus et de vouloir tenter un énorme patchwork... Certains y verront peut-être une tentative assez vaine, d'autres chercheront à s'intéresser au style pas tout à fait maîtrisé de l'auteur. Pour ma part, et pour peu qu'il ne s'agisse pas d'un film d'horreur de bas étage (j'enfonce le clou?), c'est toujours agréable d'être un tantinet surpris.