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Pas toujours évident de replonger dans l'univers adolescent mâtiné de terribles questionnements sexuels du gars Kevin Smith... Eh oui, rappelez-vous Kevin Smith, cette petite chose que fut Clerks, gentiment dans l'air du temps en son temps, puis pfiuuut... Enfin, pfiuuut, façon de parler puisqu'il y eut ensuite une dizaine de films dont ce Chasing Amy qui révolutionna tout de même à son époque la cause lesbienne... Je déconne. Disons simplement qui tenta juste, très gentiment et assez maladroitement d'ailleurs, de surfer sur la chose. Mais reprenons au début : à ma droite, Ben Affleck (déjà rigide - dans son jeu comme dans ses idées), et son pote Jason Lee avec lequel il fait des Comics (pour ado attardé si on en croit le seul fan) ; à ma gauche, la pétillante Joey Lauren Adams et sa petite voix de crécelle ; elle fait aussi des BD. Ben tombe amoureux de Joey... qui est, oh my God, lesbienne... mais elle succombe (oups) après moults tentatives de nier son attirance... ce qui tend les relations entre Ben et Jason... Mais le pire n'est point encore advenu : quand Ben, garçon plus tradi que De Villiers jeune et vieux, apprend que Joey a eu un passé sexuellement "agité", il est tout tourneboulé et ne peut cacher son irritation : comment, toi, des plans à trois, avec deux hommes, mais mais... Une double question se pose dès lors pour Ben : son histoire d'amour et sa relation amicale ont-ils une chance de survivre ?

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On le voit, on est dans une sorte d'histoire triangulaire ultra-classique... Si le petit piment est d'avoir une femme saphiste, le petit piment perd très vite son goût dès lors que la donzelle tombe dans les bras du si peu intéressant et coincé Ben... C'est un peu comme un coup de boomerang envers toute la communauté lesbienne - après de beaux discours sur cette communauté qui s'épanouit bien loin des hommes, le revirement de Joey peut être perçu comme un véritable coup de poignard dans son dosv(une femme, et c'est bien ce que pensait Ben, ne peut jamais totalement renoncer à un mâle...). On déglutit... On déglutit même deux fois quand Ben prend des conseils sur sa vie amoureuse auprès de son pote homo (ouais, il a un pote homo, Ben, il est ouvert d'esprit quand même (...)). Alors oui, sur la dernière partie, Ben montre qu'il peut quand même un peu évoluer (sa proposition de coucherie à trois, avec son pote et sa copine) mais, étrangement, cela ne verra point le jour... Que peut-on alors tenter de sauver de ce film où les pseudo pointes audacieuses ne font pas long feu ? Mouais Kevin Smith aime à filmer les discussions à bâton rompu entre poteaux qui tentent de trouver une issue à cette life si tortueuse et vachardes ou encore à montrer les déchirements d'un petit couple où chacun tente de faire entendre sa voix, son expérience, ses blessures (blurps) etc etc... On sent quand même que Bergman est loin et que Kevin Smith, à l'image de son prénom, a définitivement bien du mal pour s'élever au-dessus d'une réflexion acnéique et male-gazesque... Dans les années 90, ce cinéma-là semblait déjà aussi incisif qu'une morsure de lapin nain - il a encore perdu en intérêt.

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