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Ils ont beau être trois à la réalisation, ces six épaules n'ont pas la largeur, et de loin, d'un Jim Jarmush... Film noir moderne, film musical sur le mouvement punk-rock des eighties, film de mœurs, road-movie en terre mexicaine, comédie douce-amère ? Le film tente d'avoir un pied dans chaque catégorie, mais n'étant point poulpe qui veut, se vautre à peu près dans chacune d’elles. L'histoire est con comme un champ de betteraves : un musicos "sur la voie du succès" décide, après un casse merdique, de s'exiler au Mexique. Il quitte femme, enfant, producteur, amis... Quand rentrera-t-il ? Si l'on passe une bonne partie du film à essayer de savoir les véritables raisons de son départ (sa compagne enquête), on se rend compte, lorsqu'on l'apprend, qu'il n'y avait vraiment pas de quoi s'alarmer, en fait... Autant dire que ce suspense fait pschiiitt... Tout comme sa relation avec sa compagne qui le trompe avec un gazier superficiel... Tout comme cette menace qui semblait terrible au début du film et qui s’estompe au bout de cinq minutes... C'est une sorte de pschitt généralisée et l'on moins qu'on puisse dire c'est que l'on regarde la chose d'une œil affreusement morne : des personnages (qui jouent souvent faux d’ailleurs) mal dessinés (on apprend absolument rien, notamment, sur ce musicos qui se retrouve tout de même au centre de l'histoire), des petites bastons et des petites liaisons qui tournent à vide, des plages musicales balancées pour le fun comme pour combler les creux...

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Nos trois réalisateurs semblent avoir eu un concept en tête mais l'histoire, trop morcelée, les plans, souvent mal foutus, le montage, bancal, font apparaître l'ensemble comme un banal film d'amateurs s'amusant à vouloir faire du cinéma "arty" - mais avec guère de talent, d'originalité, ou encore de vision... On veut bien qu'il s'agisse d'une sorte d'errance existentielle vintage, on veut bien se taper des morceaux rocks, des morceaux de guitouse, du sous-The Cure, encore faut-il que l'on sente derrière un peu de vie, de nerf, d'envie : là, las, tous les personnages semblent vivoter, comme s'ils n'avaient franchement rien d'autre à foutre... Un Border Radio très border line au niveau artistique (si on peut tapoter du pied sur un ou deux morceaux de musique, même le noir et blanc est moche) qui à vouloir capter l'air du temps ne capte que du vide. Bor(der)ing.

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