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Un petit western qui se déguste comme une chips, les deux pieds dans ses pantoufles, l'attention plus ou moins présente et un Bourbon dans la main. C'est pas tous les films qui peuvent pretendre à la chose, et Carson City, s'il ne restera peut-être pas dans les mémoires, peut prétendre au titre d'excellent divertissement sans façon. Plein comme un oeuf sur ses 87 minutes, il vous propse au menu bagarres, éboulements, braquage de diligence, historiette d'amour déçue, lutte fratricide, attaque de train, explosions tonitruantes et j'en passe. Inutile de dire donc qu'on ne s'ennuie pas devant la chose, et que son anonymat à la mise en scène et ses acteurs un peu fadasses disparaissent derrière cette volonté bien aimable de nous en foutre plein les mirettes et de nous faire quitter le ciné rassasiés.

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Lassés des incessants braquages de la cagnotte de la poste par des brigands, des villageois décident d'utiliser les grands moyens : faire construire une voie ferrée qui traversera le pays et empêchera les malversations. Ils confient le chantier à un ingénieur aussi finaud quand il s'agit de vous calculer la viabilité d'un tunnel que vaillant quand il s'agit d'en découdre avec le hors-la-loi local. J'ai nommé Randolph Scott, le maître de ce genre de personnages en retrait, modeste, mais qu'il faudrait voir quand même à pas trop emmerder. Le gars s'y colle, et rivalise d'astuce pour faire fonctionner ensemble sa vision du progrès et la connerie atavique des bouseux du coin (notamment son frangin, rival en amour et responsable du journal local, qui va troller littéralement le projet avec ses tweets pleins de fake news). Malgré les rivalités et les jalousies, le train finira par débarquer en gare de Carson City, et après une dernière attaque, tout se terminera dans les rires et les mariages. Bon, on reconnaîtra que ce n'est pas non plus l'originalité qui étouffe de Toth au niveau du scénar, et comme la plupart du casting est désolante (Scott est plutôt pas mal, mais Lucille Norman joue comme un pied, les méchants sont suaves et peu crédibles, et le frangin mériterait des fessées), comme la mise en scène est fonctionnelle, on est en droit de trouver la chose manquable. Mais ce serait oublier deux-trois bonnes idées qui sauvent ce western de l'indigence : le premier plan, notamment, magnifique travelling très large qui se termine sur une main tenant une montre ; l'idée des brigands qui offrent un pique-nique dantesque aux otages le temps de dévaliser la diligence qui les transporte (l'ère de la communication est lancée) ; ou cette très belle séquence déconnectée de la trame principale, où notre héros se trouve enfermé dans un tunnel qui s'est effondré, très joli montage entre extérieur et intérieur qui pèse son pesant de suspense. Carson City n'est donc pas honteux, est même carrément fun, il a toute sa place dans notre odyssée.

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