lightsout_diana

N'y allons pas par quatre chemins : Lights out est à peu près nul. Adapté pourtant d'un habile court-métrage, il n'en garde que les éternels jump-cuts et les fatigantes explications psychologiques, et en bazarde tout ce qui en faisait l'étrangeté (le monstre "presque" normal, l'épure). Total : eh bien encore une fois l'éternel film de base, pas effrayant, pas dérangeant, qui lorgne du côté du tiroir caisse sans aucune imagination. Un monstre qui n'apparait que dans le noir, voilà le postulat de départ, qui pourrait donner un film parfaitement épuré, entièrement concentré sur nos terreurs enfantines, voire, en cas de vrai bon cinéaste, sur l'imagination, sur le suggéré. Mais Sandberg n'est pas de cette veine-là, loin de là. Il se contente donc de nous faire sursauter mollement, à intervalles réguliers, et de donner du fil à retordre à l'éternelle femme seule et son éternel bambin. Il y a quelques tentatives pour renouveler un peu la panoplie habituelle des scènes surfaites : une séquence faite dans la lumière d'un néon clignotant, par exemple, qui donne quelques bonnes petites choses ; encore eût-il fallu aller au bout du truc, et ne pas bêtement rallumer la lumière. Quand le film se termine, sur un fond d'ailleurs douteux (les fous, vaut mieux les bousiller plutôt que les guérir, de toute façon ils sont irrécupérables), on se réveille doucement, le pli amer s'est encore plus dessiné sur nos lèvres désabusées, et on s'en retourne, aussi insouciant que quand on est entrés. Suivant.