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Voilà une bien jolie petite chose qui nous vient du Portugal et qui renouvèle avec une belle candeur et une véritable fraîcheur les désirs (réels et fantasmés) d'une grande plante adolescente (Julia Palha, photogénique à souhait). Bien qu'il y ait finalement que peu de point commun au niveau de la forme entre les deux films (si ce n'est ce sentiment de l'été qui n'en finit point), le film de Nicolau ne fut point sans nous faire penser à la mythique (le mot est fort, je l'avoue) œuvre de Miller, L'Effrontée : sans doute par cette capacité à décrire de quelle façon, chez notre héroïne, les périodes de doutes succèdent aux périodes d'euphorie - et vice versa – mais pas que. La première partie du film est peut-être un peu plan-plan, se contentant de décrire l'amitié particulière de deux adolescentes avec ses codes, ses rites : il y a entre les deux jeunes filles une véritable complicité, une confiance qui semblerait presque propre à cet âge tant elle semble pure, entière, sans arrière-pensée. Le film va progressivement basculer dans une autre dimension lorsque Julia décide de s'amouracher de son nouveau voisin, un quadra photographe qui a réalisé une expo sur la Mélanésie. Cet homme va concentrer tous les désirs de Julia, un désir qui semble plus stimulé par ses envies de voyages, d'exotisme, d'ailleurs que par une véritable attirance sexuelle envers cet homme (rappelons-nous d'ailleurs que la gosse Charlotte tombait "amoureuse" d'un marin - Jean-Philippe Ecoffey, si tu nous écoutes...). Le monde imaginaire, les fantasmes de Julia (qui sommeille plus d'une fois au long du film) vont devenir de plus en prégnant à l'image.

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Si ces deux jeunes filles en fleurs sont des plus charmantes (le mini-short semble à la mode du côté de Lisbonne), l'œuvre de Nicolau sait se concentrer sur des aspects plus fantasmagoriques, « spirituels » que charnels. Il n'hésite pas, notre jeune cinéaste, à mettre en scène de séquences qui flirtent parfois avec le kitsch (cette scène improbable sur fond bleu avec le héros entourés de naïades - on se croirait presque dans un film d'Almodovar des eighties), à introduire des éléments fantastiques (cette voiture sans conducteur ou cette lettre qui s'envole), à user avec parcimonie d'effets numériques (ces mignons petits oiseaux verts qui prennent leur vol au-dessus de ce quartier de Lisbonne qui se "mélanésise"), ou à grimer et costumer l'ensemble de ses figurants pour leur donner la couleur locale de ces îles lointaines. Les envies de Julia prennent peu à peu le pas sur son environnement quotidien et notre belle semble pouvoir ainsi, pudiquement, aller jusqu'au bout de ses rêves. On apprécie tout le tact et la justesse du regard de Nicolau porté sur ce monde de l'adolescence et ce petit univers cinématographique fait de bric et de broc qu'il parvient à mettre en place. Un joli petit vent de fraîcheur from Portugal qui marque des points. Mignon tout plein, oui.

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