b157794Y-a-t-il encore des réalisateurs pour croire que mettre du metal death hardcore megadub à fond, montrer des petites filles qui font la ronde au ralenti en chantant une chanson à la con, habiller deux pauvres acteurs en punks piercés et drogués (blousons de cuir et clous, hein, faut pas se forcer) et engager Robert Englund (qui a joué -facilement- Freddy) suffit pour faire un film d'horreur valable ? Ben oui, il y en a un, et c'est Tobe Hooper, l'auteur de plusieurs dizaines de mes pires cauchemars nocturnes, et donc des pires insomnies de ma bonne maman, depuis ma découverte (beaucoup trop jeune, vers 12 ans, les parents sont irresponsables) de The Texas Chainsaw Massacre.

Bon, d'après ce que j'ai compris, mais j'ai vu le truc en anglais et sans sous-titre : le monde est devenu assez invivable depuis qu'une pluie un chouille acide a décimé une partie de la population, cramant allègrement les épidermes non munis de crème solaire autobronzante. Du coup, les responsables politiques ont laissé tomber, et la terre a été laissé à la merci des punks (wouaouh ! mon Djjjjieuuu ! quelle horreur !!!). Cela dit, les punks en question sont pas vraiment sympa. Du coup, vous connaissez les punks, dès qu'on les laisse faire : ils transfusent des vieux (jolie scène), ils font du trafic de sang, ils jettent des macchabées à la poubelle, et vas-y que je te tue des jeunes filles, et allez donc que je te fais peur aux vieilles dames... Alors voilà, et puis il y a une boîte de nuit qui fait danser des cadavres (il est tellement content de ce truc-là qu'il tourne 3 fois la même scène), une jeune fille qui dit qu'elle a 17 ans mais elle en fait 38, de la drogue bizarre qui fait rigoler bêtement les blondes, un quartier envahi par lesdits punks qu'on dirait le festival d'Aurillac le dernier jour à 3h du mat, et c'est assez malsain. Il y a surtout un effet très moche, dont Hooper, dès qu'il a compris comment ça marchait, abuse à mort : un effet de surimpressions d'images, toutes légèrement décadrées par rapport à l'image d'origine (c'est indescriptible, il faut le voir). Et cet effet gâche presque tout le film, qui n'était pas passionnant de toute façon.

Hooper fut (avec un seul film, Massacre) un des cinéastes les plus dérangeants que je connus, qui savait insuffler un malaise inoubliable avec des plans très simples, des images choquantes sans aucun effet. Il a tout perdu, tant pis pour lui. Son film est laid, gentillet, pépère, assez réac, et mis en scène dirait-on par un de ces tâcherons français d'aujourd'hui (les Kassovitz, Kounen et consorts).