Sans titre

Diable, cette odyssée westernienne nous emmène dans les recoins pas les plus reluisants du cinéma-bis. Ce Greaser's Palace est somme toute aberrant, et on ne sait pas trop si on doit être consterné devant la chose ou simplement pardonner à l'équipe du film, manifestement sous acide lors du tournage et de l’écriture. On assiste en effet à un grand n'importe quoi assumé : Downey Sr, que je n'avais pas l'heur de connaître (contrairement à mon gars Shang qui en a déjà éprouvé les failles), décide de fabriquer une allégorie sur la vie du Christ et transpose icelle dans le Far-West. On sent dès le départ que ce n'est pas l'idée du siècle, mais notre homme y va à fond, s'esclaffant à qui mieux mieux devant ses trouvailles : celles-ci prennent la forme d'un tap-dance sur l'eau, d'une résurrection à répétition, ou de l'apparition de stigmates à la fin d'un numéro de music-hall, enfin que de la poilade. Campé par une équipe de bras cassés parfaitement incompétente, écrit entre deux rendez-vous chez le dealer du coin, monté dans un chaos à faire rougir le pire amateur du club-vidéo des Amis de Romorantin, le film développe ainsi son concept consternant avec une confiance en lui jamais démentie. Le gars veut-il être drôle ou veut-il jouer les mystérieuses ? On ne sait pas trop ; tout ce qu'on voit c'est que, que ce soit du côté de l'humour ou de la symbolique, tout est lourdaud, mal mené, poussif et gênant. Le ton criard de certaines scènes tranche avec la posture un peu à distance d'autres, et jamais ces "gags" ne parviennent à arracher le moindre sourire. Au contraire, il y a une certaine consternation à regarder des nains se faire buter ou des gars en proie à la constipation. Si Downey a voulu ressusciter un certain esprit absurde, burlesque, voire frondeur, il est passé complètement à côté. Et s'il a voulu donner une relecture de la Bible, le plantage est avéré tout pareil : cette allégorie ne mène nulle part, on se contente d'agiter quelques hochets incontournables du vénérable Livre, et tout se termine en eau de boudin complète, sans avoir rien résolu. Il se peut que je sois passé à côté, notez bien, mais le fait est : je ressors exsangue de la vision de cette bouse.

Greasers-Palace-Downey

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