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Chaque saison de The Walking Dead tente de réparer les erreurs de la saison précédente... et tombe dans d'autres erreurs. On n'arrivera jamais à rien comme ça, je vous le dis. Cette saison 8 s'annonçait tout à fait bien, puisqu'elle serait celle des grands mouvements d'armées et de la lutte de clans, autrement dit celle où ça va charcler grave. Un méchant enfin à la hauteur (le suave et affreux gourou Negan), un Rick en retrait par rapport à la foule de personnages qui l'entourent, des zombies de plus en plus faire-valoir dont on se sert cette fois comme arme, des personnages secondaires chiants morts enfin à la saison d'avant, on se prépare au combat ultime en ouvrant un paquet de Tuc. Dès les premiers épisodes, on note que les auteurs tentent de se débarrasser des handicaps de jadis : finis les bla-bla, les infiniment longues tergiversations sur le sens de la vie, du sacrifice ou de l'héroïsme, les paolocoehlesques dialogues sur "ouais mais il est mort, mais sa mémoire survivra par-delà les temps car un avenir est possible par-delà nos différences et tu dois être fort pour le groupe et oublie pas ton flingue quand même, y des morts-vivants dans le coin". C'est pas dommage, même si trop souvent la série est encore plombée par des personnages ridicules (on enfoncerait bien le bâton de Morgan dans un de ses orifices histoire qu'il rigole un peu) et/ou solennels (le roi d'opérette Ezekiel). Ça reste très bavard, et on se dit qu'une réduction des 16 épisodes en 8 serait bénéfique pour la série, qui se reconcentrerait sur l'acrion pure.

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De l'action, on tente bien de nous en donner avec cette saison tonitruante : la déclaration de guerre entre Rick et Negan prend forme, ça se poursuit à chaque épisode, ça se trahit et s'étripe à qui mieux mieux, on perd encore deux ou trois personnages capitaux dans chaque camp. Mais à force de vouloir maintenir le suspense, à force d'y aller sans y aller, les gusses en arrivent à des illogismes impossibles : une armée entière qui canarde Negan sans arriver à le toucher, alors qu'une seule flèche est plantée dans le front d'un ennemi à 7 kilomètres de distance ; des gars qui préfèrent gâcher des munitions à casser des vitres plutôt qu'à flinguer des méchants ("ça va leur faire peur, putain, faites-moi confiance") ; des revirements de situations qui font qu'on ne sait jamais dans quel camp se situent certains personnages (nom de nom, mais Eugene, il est de quel côté finalement ?) ; et des grâces accordées aux pires salopards ("oui, c'est vrai tu m'as trahi 15 fois, tu as tué tous mes amis, mais je te confie le pouvoir, rien que pour te montrer que ce monde peut être bon"). Bref, le scénar est de toute évidence écrit au jour le jour et étiré à l'envi pour remplir les 16 épisodes, jusqu'au final qui voit enfin les choses se régler (pour l'instant...). De temps en temps, c'est assez fun et inventif, je ne dis pas ; mais la plupart du temps, ça se traîne dans des histoires parallèles inanes et des dilemmes à deux balles, quand on aimerait voir la série retrouver les élans gore des débuts, quand on aimerait lui voir retrouver son côté fun et bourrin. De plus en plus pompeuse et pompière, elle finit par ne ressembler qu'à sa propre caricature. On suit le truc par habitude, oui, bon, mais il serait peut-être temps de penser à une fin ?

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