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Ça ne pouvait pas faire de mal de se faire une piqûre de rappel sur le contexte de l'assassinat de l'archiduc héritier François-Ferdinand. Ophüls s'attaque au sujet en montant à la fois les idéaux de FF (sa volonté notamment de créer les Etats-Unis d'Autriche), ses divergences avec l'Empereur François Joseph (Jean Worms et ses méga rouflaquettes) et son antagonisme avec le Prince de Montenuovo (excellent Aimé Clariond tout en préciosité, capable des pires coups fourrés) et bien sûr son amour avec la Comtesses Sophie Chotek, Edwige Feuillère. Force est de reconnaître que ce n'est pas l'Ophüls le plus inspiré que l'on ait vu, même si le récit de cet attachement amoureux est mignon comme tout : une rencontre placée d'entrée de jeu sous le regard sévère de l'Empereur (sa statue qui domine le parc où nos deux jeunes gens se donnent un premier rendez-vous : on devine que ce dernier aura un terrible impact sur leur destinée respective), une ballade interminable en carrosse durant laquelle le jeune FF s'épanche sur le sein de l'Edwige, et une union qui aura toutes les peines à voir le jour, l'Empereur et le Prince faisant tout pour leur mettre des bâtons dans les roues. Inséparables, nos deux tourtereaux contracteront un mariage "morganatique" - il n'est jamais trop tard pour apprendre de jolis mots - la Comtesse renonçant au (futur) titre d'impératrice et les futurs enfants n'étant point reconnus comme d'éventuels successeurs. Un amour passionné qui sera proprement "assassiné" (avec la suite que l'on connaît), Ophüls ne pouvant s'empêcher de mentionner à la fin du film le début de la seconde guerre mondiale et l'invasion "barbare nazie contre les peuples libres".

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Quelques séquences sont assez "marquantes" ou particulièrement signifiantes, disons plutôt, notamment celle où l'Archiduc et l'Empereur sont à la chasse, tirent à la volée et évoquent la Comtesse : ils se rendent véritablement "coup pour coup" et l'on sent que l'issue de cette histoire sera forcément "déchirante" entre les deux hommes pour ne pas dire saignante - FF étant prêt à tout pour vivre son amour. Même une fois mariés les deux époux continueront à devoir subir les règles abrutissantes de cette cour, la pauvre Edwige, pour se rendre à une réception officielle, ne pouvant emprunter l'escalier principal ; FF hésite mais décide de rebrousser chemin à ses côtés, un affront au protocole que leur fera payer chèrement, des années plus tard, le Prince : sous-couvert de faire une faveur à Edwige en lui permettant d'accompagner son mari en visite officielle à Sarajevo, il privera celui-ci de la présence de l'armée (appliquant à la lettre les règlements protocolaires) ; on assiste à joli plan, là aussi, lors de cette confrontation entre une Edwige souriant de plaisir et le Prince dont le visage reste en grande partie dans l'ombre comme pour traduire son sombre dessein. Oui, bon, c'est vrai que lorsqu'on tente de faire le bilan, cette œuvre est loin d'être magistrale (...) : il y a certes ces petits instants de tendresse entre Edwige et son FF - autant de petits moments intimes et précieux au sein de la Grande Histoire en marche (Ophüls n'oublie également jamais, lors d'une poignée de séquences, d'aller faire un tour du côté du "peuple" pour montrer leur propre vision des choses sur les affaires d'Etat) ; mais même si le sourire de notre actrice française est bien joli derrière ses différentes voilettes, cela ne suffit point pour rendre ce récit historique réellement passionnant, avouons-le... Une cuillère et demie, pas plus, donnerai-je pour ce Max.

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