mogmbo_1_C'est peut-être po le meilleur film de John Ford, et de loin, le montage des scènes africaines plus ou moins spectaculaires (on va dire plus pour l'époque) est aussi crédible qu'un montage de Nicolas Hulot chassé par des éléphants mais faisons fi de remarques d'un autre âge et reconnaissons tout le côté glamour de Gable, Gardner et Kelly associés pour un casting de conte de fées moins cruel que ne tente de le vendre l'affiche (je ne me rappelle point de ce décolleté non plus...) - sans eux et si ce n'était point John Ford, on serait peut-être moins indulgent.

Tout le début de l'intrigue avant cette chasse aux gorilles qui part un peu en quenouille est tout de même relativement plaisant avec Ava Gardner en peste (les discussions entre les deux femmes sont tendues comme des lianes) qui se révèle peu à peu une charmante compagne au grand coeur. Les élans amoureux du Clarke (52 ans au compteur et un charme eastwoodien) en macho qui se lâche après un verre de whisky font gentiment sourire notamment lorsqu'il se jette sur les deux femmes comme un fauve pour leur faire un baiser de classe de sixième. On l'imgambo_1_magine bien dans une pub pour Mennen. Grace Kelly dans un rôle un peu ingrat de jeune fille effarouchée (elle ment en avouant 27 ans alors qu'elle n'en a que 24, m'a po échappé ça) apporte toute sa candeur et sa tendre naïveté, n'hésitant point à laisser tomber son mari un peu fallot au moindre mouvement de moustache du Clarke. On voit bien qu'on a perdu depuis belle lurette cette façon un peu désuète de raconter de bien belles romances avec heurts et cahots attenant, et mon coeur de midinette en serait presque perclus (j'essaie des trucs ce soir). Un charme d'un autre temps peut-être, qui rappelle certain dimanche infini à rêver d'ailleurs, mais un charme qui subsiste malgré tout, dix fois plus que dans les pseudos histoires d'amours hollywoodiennes de ces 20 dernières années. Un peu de saudade et de critiques gentilles ne font pas de mal parfois.

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