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William Powell est le détective le plus zen des thirties, il forme avec la délicieuse Myrna Loy le couple le plus cool de l’époque, il a dans son entourage des seconds couteaux de choix (de la pimpante Maureen O’Sullivan au flic le plus sérieux et le plus nullard de sa génération Nat Pendleton), il surfe sur une intrigante histoire écrite par le sieur Dashiell Hammet, et le tout est éclairé par le grand James Wong Howe et « artistiquement dirigé » par l’incontournable Cedric Gibbons. Bref, on ne s’attend qu’à du bonheur, on en aura jusqu’à l’ultime repas, convoquant dans le plus grand des suspenses, tous les suspects.

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Un homme disparaît mystérieusement, trois meurtres s’enchaînent, l’absent a toujours tort et constitue le principal suspect. Son ami Powell, détective de son état donc, passe toute la première mi-temps à se faire désirer - maintenant qu’il est marié avec la riche Loy craquante comme une noisette, qu’il a un chien tout ce qu’il y a de plus fidèle et qu’il peut enquiller du matin au soir martini sur martini, à quoi bon s’ennuyer à enquêter ? - avant  de tenter, dans un geste purement bravache pour ébahir sa femme déjà ébahie, de dénouer cet imbroglio (faut dire que la police nage dans de la semoule mouvante). Ça part dans tous les sens, qu’il s’agisse de scènes de fête où les convives ne cessent d’affluer et les portes de claquer (et une porte qui claque… oups) ou des multiples personnages louches qui viennent faire irruption dans l’intrigue… On se dit qu’on va vite finir par perdre le fil du bazar mais le sourire si doux de Powell a tôt fait de nous rassurer : il veille, tel le bon Poirot de service, pour pouvoir tranquillement tout nous expliquer sur le fil.

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Du coup on se détend et on prend un plaisir immense à voir l’extraordinaire complicité qui éclate entre Powell et Loy - ils jouent tellement détendus qu’on se demande parfois si le film est de 1934 ou bien de 2034 (oui, bon on y est presque). Powell amoureux comme pas deux semble sur un nuage - le Martini y fait aussi - et cela fait du bien de voir un enquêteur enamouré toujours rasé de près, esquissant les balles comme un furet et n’ayant jamais besoin de jouer les gros bras grâce à son indéniable finesse… Les types louches passent des coups de fil en douce, se font menaçant en pointant le bout de leur revolver, se tapissent dans l’ombre pour fomenter de sales coups, but don’t worry le pitbull de Powell est au taquet pour assister son maître jamais vraiment inquiet. On passe quatre-vingt-dix minutes de pur plaisir dans ce cocon vintage aussi tendre sous la dent qu’un petit beurre trempé une demi-seconde dans du café bouillant. Powell et Loy - et toute la clique pré-citée - nous font toucher du doigt à la fois le bonheur cinématographique et le bel et taquin équilibre amoureux. Satisfied ? Yes sir, totally. Allez, couché, Asta.

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