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Mauvaise pioche

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Gérard Depardieu

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Djamel Debbouze

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Quentin Tarantino Jr vintage

Corbucci débarque sur Shangols avec ce film que l’on devine taillé sur mesure pour Tarantino - oui, vous allez me dire, c’est un peu facile a posteriori… De la vengeance encrée dans la peau (Kill Bill), du carnage en masse (Inglourious Bastard), du découpage d’oreille (Reservoir Dogs), de la petite pépé en mal d’affection, des rebondissements à la pelle, un héros emblématique… Dès la première image - un type qui traine un cercueil (le sien, celui de son passé, la mort faite compagnon ?... un mixte de tout cela ?) dans la boue, on est hypnotisé par le parcours de ce poor lonesome cowboy. Quand il voit une femme se faire fouetter, il ne bouge pas un cil (« po si grave… »), quand il voit qu’on va la crucifier (« c’est abusé… »), il fait enfin péter son six coups (les 5 premières balles sortent en 5 nanosecondes,  il garde toujours la sixième en réserve) et embarque la blonde… Pour se la taper ? Même po. Ou à peine. On sent bien que notre homme a d’autres soucis en tête…

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Un bordel dans une ville fantôme où la rue ressemble à un terrain de cross (des rivières avec des sables mouvant, de la boue  cradingue qui colle au godasse : comme des souvenirs dont ne peut se défaire, comme un avenir dans lequel on ne peut que « s’enfoncer »…), deux clans de fous furieux peu recommandables qui s’affrontent (la milice des capuches rouges ultra-raciste - anti mexicaines - d’un côté, de l’autre des mexicains paillards, braillards, furibards). Notre homme veut décimer le premier clan et massacrer son chef (on sent qu’il en a gros sur la patate) puis utiliser le second pour se faire des couilles en or (massif). Cela paraît forcément un peu trop simple sur le papier, il y aura de belles réussites, un terrible échec et beaucoup de sauce bolognaise ici ou là…

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Un film où tous les personnages - surtout au début - portent des mitaines en laine est forcément attachant. Faut voir notre héros d’ailleurs manger avec (manger avec des mitaines, je te jure…) puis les enlever avant de passer aux choses sérieuses. Notre personnage principal a la gueule, le chapeau, le regard qui flingue, la voix d’outre-tombe adéquats et chacune de ses apparitions est un régal - même s’il a l’air d’avoir le Q.I. d’un hareng, on s’en fout. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il finira avec du sang sur les mains... Les pauvres femmes ne sont pas vraiment logées à meilleure enseigne ; bon déjà, pour être franc, il n’y a que des putes : putes serviles et vulgaires, pute rebelle mais finalement guère mieux considérée (à moins que… Beau plan cela dit dans le miroir brisé - la "femme offerte félée" (photogramme ci-dessous), pute strip-teaseuse utilisée pour détourner l’attention… On a vite fait le tour de leur psychologie. C’est quand même avant tout un film de mâles, de mâles cons comme des bidons pris dans la spirale de la violence et du massacre. A ce petit jeu-là, on en prend pour notre grade : montage à la mitraillette et hommes de mains qui tombent comme des dominos, caméra portée pour être au cœur de l’action lors d’une bonne baston, maquillage à la colle et au ciseau pour montrer des visages balafrés  ou trépanés, flonflons parfaits de la musique qui vient souligner les instants les plus cruciaux… On ne s’ennuie pas un instant dans ce western spaghetti qui souffre certes de manque de moyens mais qui est tendu de bout en bout. La mort plane sur tout le film (de ce cercueil ambulant aux différentes séquences dans les cimetières) et Corbucci trouve un subtil équilibre entre divertissement propre au genre (ça fleure bon le cinoche vintage du samedi soir) et gravité. C’est ça. Légèreté et gravité, pas mieux…  Gageons que le Tarantino a su y puiser matière - ou tout du moins un soupçon d’inspiration -  même si on sait que le Quentin en a suffisamment sous l’étrier pour ne pas être du genre à fournir un simpliste copié-collé. 

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The best western are not far, juste here