On sent bien que Mike Mills, derrière ce récit mettant en scène trois femmes (Annette Bening, surjouant, Elle Fanning, éternellement triste, Greta Gerwig, enjoué mais pas trop), cherche une nouvelle fois à faire un portrait « tout in finesse » de l'adolescence : le héros, 15 ans, traverse une période de doute (oui, c'est étonnant) et inquiète sa mère (l'Annette) ; celle-ci décide de faire confiance à Greta (jeune femme qui a gardé un pied dans l'adolescence) et Elle (adolescente qui a déjà un pied dans le monde des adultes) pour "encadrer" le petit. Tout cela part certes d'un bon sentiment et permet de réviser ce que fut la vie au siècle dernier (1979, remember) ; un scénar très relâché qui voudrait faire la part belle aux acteurs, aux petites situations quotidiennes incongrues (ou pas), aux références culturelles (littéraires notamment)... Bien. On sent que Mills se bat tant et plus pour que son film (qui dit adolescence dit innocence donc spontanéité) garde un "petit teint frais et naturel" ; nos divers personnages sourient, doutent, ricanent, se lâchent, se fâchent, pleurent, sourient... On aimerait beaucoup, en tant que simple petit spectateur, en faire autant et être au diapason de ces différents caractères... Seulement (ah, on y vient), l'Annette ne cesse de faire des mines pour donner l'impression d'un jeu improvisé et ça ne marche pas (et elle est encore moins douée pour les petits effets comiques : sa tentative de danse rock... totalement ratée et superficielle), le gamin dans le rôle principal est aussi transparent qu'un test de grossesse raté, et les pseudos provocations verbales des deux filles-femmes ne feraient pas ciller un censeur stalinien (qui n'a pas été amené lors d'un repas de famille à parler de ses règles ? - oui, moi, non, mais cela ne compte pas vraiment en un sens). Oh la pauvre femme qui s'effarouche de voir que son bambin n'est peut-être pas super bien conseillé par les deux jeunes femmes si "libérées" en apparence (un peu comme dans la chanson ultra-avant-gardiste) ; oh la femme touchée par la grâce qui se rend compte que son bambin l'aime et compte beaucoup sur elle... Putain, une telle conclusion au bout de deux heures, cela frôle franchement le foutage de gueule - surtout vu le titre si sentencieux et a priori si ambitieux. Mills, dans sa quête analytique de l'âge tendre, signe un film qui l'est tout autant, comme s'il n'avait pris aucune maturité depuis le terne Age difficile obscur (il s'est au moins amélioré au niveau des titres).

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