9782070420179FSUn ptit Paasilinna en roue libre, à l'image de son héros quasi jarmuschien qui livre des fleurs (not broken) à toutes les femmes qu'il connaît. Raumo Rämekorpi est célèbre et a le bras long, il a le power financier et en profite pour se permettre, lors de sa tournée, une multitude de petites "sauteries" entre amis. Voilà pour la première partie où notre bon vivant - orgie de champagne et de caviar - rend visite à des femmes de divers niveaux sociaux (de la femme de ménage à la responsable des ressources humaines, de la psy à la journaliste...) et au tempérament (ou aux cuisses) plus ou moins ouvert(es) (de celle qui lui fait un petit dans le dos - sens propre - à celle qui lui pète dans les doigts - sens figuré). Quelques bonnes vieilles séquences qui font bien marrer - le porteur de cercueil qui se vautre dans le trou, une poursuite dantesque dans les rues d'Helsinki entre notre héros portant hallebarde et un ancien mari jaloux... -, deux trois passages sur les éternelles tensions finno-danoises (Elger [un Danois] avait écrit à Tuula [une Finlandaise] qu'il regrettait les années qu'il avait perdues avec elle. Il avait même griffonné à la fin de sa lettre d'adieu qu'il avait l'intention de prendre une épouse danoise et ne regarderait plus jamais, même pour pisser, en direction de la Finlande) ou sur les approximations du Créateur, qui arrachent un sourire ("L'homme était certes plus intelligent que l'hippopotame, mais même après avoir évolué il demeurait cupide, dépravé, cruel et fourbe - en un mot pitoyable. Aux yeux de Rauno Rämekorpi, un Dieu qui avait si lamentablement échoué ne méritait guère qu'on l'adore; Rauno : "Il n'y a pas de quoi s'extasier devant l'ingéniosité de Notre Seigneur... quel bras cassé !"") mais il faut bien reconnaître que ces visites à répétition tournent un peu en rond - toute la seconde partie où Raumo remet le couvert à l'occasion du Réveillon en jouant au père Noël tombe un peu à plat... Même si la plupart des donzelles finissent souvent par accorder leur charme à cet industriel vieillissant, toutes s'accordent plus ou moins sur un point : malgré ses largesses Raumo est un gros porc... Notre homme, gaillard et jouisseur, profite souvent honteusement de sa situation et finit par frôler bien souvent le pathétique... La morale finale est qui plus est un peu tiède et on se dit que le gars Arto ne s'est quand même pas trop foulé dans l'ensemble pour nous livrer ce récit paillard et "gentiment" machiste qui part dans tous les "sens". Un soupçon de poilade mais pas de quoi non plus tomber de son tabouret... Peu mieux faire l'Arto.