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Un cinéma qui n'y va pas avec le dos de la louche, c'est un peu la spécialité du Daldry qui s'adresse surtout en priorité à tout bon coeur d'artichaut qui se respecte - dans une catégorie trente fois inférieure à Douglas Sirk pour donner une référence. Mais c'est po tout... Cette fois-ci, il tente d'épicer un peu son récit en nous contant pendant une heure les rapports sexuels et littéraires entre un jeunôt et une Kate Winslet plus expérimentée : si cette dernière le déniaise, il lui fait "en échange" la lecture et tous deux semblent y trouver leur compte. On attend tout de même qu'un élément dramatique finisse enfin par arriver et il advient : la Kate a quitté précipitamment notre jeune homme qui recroise celle-ci plusieurs années plus tard lors d'un procès où elle est accusée : là attention, faut s'accrocher au rideau, la Kate était gardienne dans un camp de la mort. Plus dramatique, je vois po. Forcément le jeune homme est tiraillé entre ses sentiments pour la jeune femme et les horreurs qu'elle a commises, on se met à sa place. Là où cela se complique méchamment et qu'on grince des dents, c'est que la jeune femme est prête à admettre que lors d'un bombardement elle a laissé trois cents Juifs brûler dans le lieu où ils étaient enfermés (un comportement qui dépasse l'entendement) et quand on lui demande si c'est elle qui a rédigé le rapport à l'époque (elle endosserait alors l'entière responsabilité alors qu'il y avait cinq autres gardiennes) elle finit par admettre que c'est elle... Non point parce qu'elle assume entièrement son acte mais parce qu'elle a tout simplement honte d'avouer devant l'assemblée que c'est impossible, vu qu'elle ne sait ni lire ou écrire... Comme si cet aveu était finalement plus lourd à faire... Les autres gardiennes prennent 3-4 ans de prison et, elle, la prison à vie, comme si elle devenait en quelque sorte une victime... C'est tellement putassier en soi qu'on se demande comment une telle idée scénaristique a pu voir le jour. Veut-on nous faire éprouver de la compassion pour cette femme qui paye plus que les autres (il serait en tout cas difficile de s'y prendre autrement...)? De l'autre côté de la balance il y a quand même trois cents victimes totalement innocentes!!!!  Les bras m'en sont alors tombés, ce qui a dû m'empêcher de prendre ma télécommande pour couper court à de telles ficelles scénaristiques guère avouables. Des violons sur la forme et totalement illisible sur le fond...   

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