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Ah oui, j'avais annoncé que "j'étais partant pour la suite" (l'effet boule de neige, sans doute), j'aurais quand même attendu quatre ans pour le faire... Enfin, bon, voilà, on y est : oui, on ne va mentir à personne, on baisse ici en intensité, l'intrigue anarchico-politique de la chose en cette fin d'ère Meiji étant loin de nous passionner ; de plus, la chtite Meiko Keiji est malheureusement ici un peu éclipsée derrière les hommes (les politiques, fourbes et sanguinaires, le petit peuple des bidonvilles, pauvre et calculateur)... Heureusement, au niveau des angles de prises de vue, des cadrages et du montage, les Japs ne sont pas des plombiers, et il nous reste encore ici à voir quelques jolies séquences : j'en veux pour preuve ces séquences en ouverture, notamment, où la Lady décime à tour de bras au cours d'un travelling arrière de toute beauté, chorégraphié au millimètre, ou encore ce plan en plongée où, sur une plage abandonnée, entourée de policiers et de crustacées, la Lady rend les armes. On aura droit encore par la suite à de beaux plans biscornus (cette traversée de la ville sous la pluie filmée à la verticale) mais c'est malheureusement le (maigre) fond qui prendra ensuite le pas sur la forme (les fights s'amenuisant...). Alors oui, certes, c'est bien joli de voir la Lady prendre le parti des oubliés (une reconstruction de bidonville qui sent la boue) contre ces sanguinaires politiques qui ont tenté, dans un premier temps, de l'utiliser. On reste de tout cœur avec elle et avec cette anarchiste aux allures de Richard Brautigan qui attend son heure (dans un cimetière pour animaux domestiques (!)) pour faire chuter le pouvoir... Le problème, c'est que le gars est un peu naïf et finira, après avoir été roué de coup par ces mêmes dominants, par avoir une sale mort : ils lui ont en effet inoculé la peste (!) ce qui s’avèrera radical... Fujita nous sert quand même quelques scènes gore qui tiennent leur rang (une flagellation, un œil crevé, un bras coupé...), ne lésine pas complétement sur les moyens (une scène d'incendie qui sent le charbon) mais on reste quand même un peu sur notre faim en attendant la revanche finale...

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La Lady, après s'être contentée tout du long de jouer uniquement avec son regard noir (qu'elle a profond mais ça on le savait), va enfin pouvoir repasser à l'action au côté du frère de l'anarchiste (qui a, lui, de faux airs de Jacques Brel mais ma vue baisse). On a l'impression de deux morts vivants (Jacques a quelque chose de lazaréen dans son come-back) face à des politiques qui se croient invincibles. Autant vous dire que ça va charcler (le borgne perdra le second, le manchot itou) et que les morts-vivants même avec douze balles dans le corps, trouveront la ressource pour vaincre (une belle leçon à retenir). L'hémoglobine coule à flot, c'est un peu expédié au niveau de la mise en scène mais on a une fin qui n'a rien de misérable en soi. Un second opus avec encore quelques tressautements visuels, cela reste de bonne facture quoi, mais une neige définitivement moins pure que lors du premier opus.

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