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Lady Snowblood - ou Miss Armeblanche-Neige pour les amateurs d'humour à froid - fut à l'origine de Kill Bill de l'ami Tarantino dont on connaît la capacité, comme son pote Luc, à avoir des idées originales (c'était la double-pique du soir). Portée par la somptueuse Kaji Meiko, cette oeuvre offre une version toute en hémoglobine (version geyser) de ce que peut être une vengeance (qui est un plat qui se mange froid, voire cru). On connaît la chanson (un mari et un enfant assassinés par quatre salopiots, une femme qui tue le premier traître avant d'être arrêtée, un enfant conçu dans l'urgence en prison (pas si mal, parfois, d'être gardien) pour être sûr que la vengeance ait un jour lieu) mais on s'amuse toujours des variations nippones de ce genre de chronique de morts annoncées. Fujita place dès le départ son film sous les couleurs du Japon (joliment fait le coup du drapeau japonais ensanglanté sur la fin... juste à côté du drapeau ricain, pas mal) avec le rouge de la tenue des prisonnières et ce blanc sale de la neige. L'enfant ne devrait pas rester pur bien longtemps, elle est en effet programmée pour tuer...

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On aime les flashs-back historiques fouillés pour restituer le contexte de l'assassinat du pater (joli petite BD ou manga pour illustrer la chose) ou ceux qui concernent la période d'entraînement de notre donzelle (tu connais le coup du tonneau de Diogène ? Anxiogène, le truc). Toutes les pièces du puzzle sont en place, on peut rentrer dans le vif du sujet et commencer à traquer les trois enfoirés restants. Notre Lady prend son temps pour cerner ses proies et savourer en tête-à-tête (si j'ose dire, car attendez-vous à du démembrement) la mise à mort ; notre amie cache sa lame dans son parapluie (tu connais le coup du... mouais, rien à voir) et lorsqu'elle passe à l'action c'est Blanche-Neige et les sept mains (elle est aussi agile avec son sabre que moi avec un décapsuleur - l'entraînement a toujours payé) : les veines explosent et les victimes expirent dans des litres de sang rouge vif. Ça rend bien sur fond de neige mais aussi parfaitement sur fond d'océan déchaîné (belle métaphore que cette colère qui gronde depuis des années et qui explose pleine d'amertume...). Et un et deux et trois... Nan, il y en a un qui résiste tellement qu'on pense qu'on le garde précieusement pour le prochain épisode (car il y a un second épisode) : je dis ça, je dis rien, le final étant plein de surprise.

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Un des aspects intéressant du bazar réside aussi dans la présence d'un écrivain de pacotille qui écrit quasiment la légende in progress et qui va se retrouver au centre du combat. La réalité inspire-t-elle la légende ou la légende la réalité ? (That's the question) Fait-il le jeu, en exhumant cette histoire au grand jour, de Lady Snowblood ou des tueurs (chacun cherchant à retrouver la trace de) ? Ce qui est certain, sans dévoiler un autre aspect de l'histoire, c'est que l'on se dirige tout droit vers un règlement de compte à la Star Wars (tu connais le côté obscur de la force ? Tu prends un père, un fils : ensuite tu... Oui, je connais). La conclusion, qui se déroule lors d'un bal masqué, permet à chacun de faire tomber... bravo... et d'assister à un nouveau morceau de bravoure au rayon boucherie (tu connais la Vénus de Milo ?). Les petites chansons sirupeuses nippones qui viennent enjoliver le tout ne gâchent rien et l'on assiste globalement à un spectacle maîtrisé de toute beauté. Je suis bien sûr plus que partant pour la suite.   (Shang - 19/10/15)

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Incroyable de voir effectivement tout ce que Tarantino doit à ce film, et pas seulement pour Kill Bill d'ailleurs : la construction en chapitres, la chronologie complètement éclatée, la violence esthétisée à mort, ... Ce bon petit film de sabre se déguste d'ailleurs dans la même ambiance fun qu'un Tarantino, c'est entièrement tourné vers le spectacle et le plaisir sans complexe du spectateur avide de "films de vengeance", genre en soi. Les méchants sont ricanants à souhait, les gentils super gentils, et on jubile à l'avance de voir les seconds trancher les membres des premiers. Fujita est un expert pour rendre ces geysers de sang poétiques, grâce à sa sublime palette de couleurs (le sang ketchup sur la neige immaculée, y a pas, ça le fait bien), son sens du rythme impeccable (les suspension du temps avant que les sabres ne commencent à crier) et sa manière très originale de raconter tout ça : entre films d'animations et flashs-back improbables, nos yeux sont servis. D'autant que la caméra réserve quelques très beaux mouvements, de travellings pendant les combats de groupe, ou de plongée vertigineuse sur cette pauvre femme accouchant en prison, qui aboutit à des cadres à la Sergio Leone. Un très joli apéritif avant de revoir Kill Bill.   (Gols - 12/01/16)

 Nippon ni froid,