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Après une saison 3 qui sentait un peu le sapin (avec la vieille branche Darroussin qui en faisait les frais), voici une quatrième saison pas forcément trépidante mais qui alterne malgré tout bonnes idées, suspense et perspectives un peu molles. Pour commencer par l'aspect le plus réjouissant, on pourrait évoquer le personnage de Jonas interprété par Artus (connaît point ce comique troupier par ailleurs) : ce bon "gros" traqueur de terroriste peine sans doute parfois à se mouvoir sous les tirs des snipers, pâlit comme Gols devant un client qui cherche le dernier Musso, mais se tire la part du roi notamment lorsqu'il se retrouve côte-à-côte avec un terroriste (le final du neuvième épisode, assez sciant et original) ou lorsqu'il se met, dans l’épisode final, à cuisiner ce salopiot de terroriste - un rôle parfaitement écrit et très bien servi par la verve un brin pince sans rire de ce poids lourd de la finesse. Dans les rangs des petits nouveaux, citons l'arrivée d'Amalric, gras, puant, livide, dans un rôle, c'est le moins qu'on puisse dire, peu aimable. Il tente la performance "à l'économie" avec diction lente et faciès souvent impassible mais ce petit jeu comme le personnage en lui-même lasse un peu trop vite malheureusement. Kasso, pour sa part, creuse et recreuse la même tranchée du mal-aimé (putain, c'est con, le gars, il a du flair... mais il a tellement enfumé son monde, qu'on finit par se méfier du lascar - forcément) : déçu de la life, toujours prêt à rendre les armes, rien de bien neuf au rayon Malotru si ce n'est cette petite idylle russe qui lui donne parfois, durant une demi-seconde, un petit rictus en coin... Ça, c'était plutôt dans les aspects positifs ou disons pas totalement déplaisants...

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Plus casse-couille est sans aucun doute le personnage interprété par Sara Giraudeau ; sa petite voix de gamine de trois ans et demi hérisse vite les poils et sa façon naïve et coconne de jouer les gentils agents secrets achève. Sa love-story à Moscou est plus gnangnante qu'un spectacle folklorique dans le Bourbonnais et chacune de ses apparitions se doit d'être saluée par une moue de mièvrerie ; on est finalement tout content quand elle se retrouve dans la panade... Après, au niveau du suspince, on est toujours plus côté bureau (et petites trahisons personnelles) que côté action (de plus en plus mou du genou ce Bureau... ou manque de moyen criant ? Pourtant, la ceinture d'explosif doit être, par les temps qui courent, relativement bon marché, non ?). Donc ça intrigue, ça chuchote, ça complote, ça se méfie, ça s'observe mais ça lambine aussi parfois un peu trop... Le roi Amalric pense tirer les cordes de ce petit théâtre de la suspicion, prenant, comme un petit satan, un malin plaisir à faire douter tout un chacun. Mouais pourquoi pas, même si on l'imaginerait tout autant comme responsable des ressources humaines à la Poste ou chez Orange... On note aussi la part belle faite aux petits génies informaticiens qui ferait presque regretter d’avoir parfois laissé la programmation à l’époque du TO7 – mais pas tant que ça quand même. Le final se fait un rien énigmatique pouvant autant laisser présumer une suite (qui méritera définitivement un nouveau souffle) que non (Ouais Canal +, c'est + ce que c'était, bien évidemment). A voir, pour un peu de tension ici ou là.

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