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Pas facile de trouver son chemin parmi les trois milliards de films de l'odyssée western (Gols est hilare dès qu'il voit ma tronche déconfite devant cette liste sans fin...), et l'on est toujours ouvert à la moindre suggestion de nos commentateurs favoris (ceux qui parlent de cinéma, en particulier). Rio Conchos a pour figure phare le gars Richard Boone et sa tronche d'ivrogne non repenti (me dites pas le contraire). Notre ami a une petite dent contre les Apaches et en flingue une demi-douzaine, froidement, en ouverture. Il est coincé par des soldats nordistes et va en prison pour... vol de fusil (oui, assassiner un Apache, hein, c'est pas non plus...). Notre homme se voit ensuite proposer un marché : retrouver l'homme (un certain Pardee, pardis) qui lui a vendu ce fusil (Pardee, ancien soldat sudiste qui n’a pas avalé la défaite, a détourné une cargaison de 2000 fusils de l'armée qu'il veut revendre aux Indiens) ; il fait équipe avec deux soldats (le pur et dur Stuart Whitman et le black pêchu Jim Brown) ainsi qu’avec un Mexicain roublard rencontré dans le cachot ; ils transportent dans leur périple un chargement de poudre pour attirer le chaland. Quatre bras cassés sans grands principes et qui aiment à dégainer promptement... Ils n’ont pas forcément tort de rester sur leurs gardes (bandits chelous, Apaches fourbes, Indienne taiseuse (la bien jolie Wende Wagner et son regard charbon)...) s’ils veulent arriver sains et saufs au bout de l'aventure...

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Quatre compagnons qui s'observent tout du long comme s'il s'agissait d'une partie de poker : au programme, diverses mésaventures périlleuses à affronter ensemble, des trahisons, mais aussi, éventuellement, le début d'une certaine amitié... Richard Boone part certes avec un certain handicap au niveau empathie (il se venge parce que les Apaches ont tué sa femme et son enfant : on peut comprendre une certaine colère, certes, mais de là à tous les supprimer sans aucun remord il y a un pas) : c'est un véritable boucher sanguinaire mais au moins il est loyal (oui, c'est déjà ça dans la balance) ; on ne peut pas vraiment en dire autant du Mexicain prêt à tout pour se faire de la thune et des gonzesses... Les guets-apens se suivent mais nos hommes ne sont pas des tendres ; il faut notamment les voir débarquer dans un petit boui-boui isolé : quand ils décident d'interroger un homme ou de foutre le souk, ils n'y vont pas vraiment avec des pincettes... Ces petites explosions de violence surprennent dans un film qui fait plutôt la part belle aux relations entre nos quatre hommes sévèrement burnés (les femmes font un peu potiches, pour le coup, ce qui est un peu malvenu en ce huit mars, sauf notre Indienne qui se révèlera finalement pleine d'humanisme...) ; un petit temps creux sans doute après la première heure (ce qui permet malgré tout d'admirer ce joli format Scope) comme pour mieux nous préparer à l'explosion finale (ben oui, qui dit poudre, dit feu vous pouvez ensuite reconstituer la formule). L'évolution du personnage de Boone est en particulier assez intéressante : on oublierait presque en cours de route que le gars est un assassin sans coeur (il a des principes et ne trahit jamais les siens – mais il est définitivement rancunier, aucun doute...) ; sur la fin, notre homme fait la connaissance du bourreau de sa famille et l'on sent bien que l'on risque d'avoir affaire à un final des plus tragiques... pour ne pas dire des plus noirs (Boone est un mort-vivant en sursis qui n'attend qu'une chose : revoir les siens dans l'au-delà ; si son cœur est glacial, il garde tout de même encore quelques ultimes milligrammes de compassion – voir notamment l'épisode avec ce pauvre bébé qui naît dans des langes ensanglantées (a-t-il d’ailleurs échappé au pire, ce pauvre nourrisson ? Pas sûr, le gars Douglas n'étant pas du genre à se laisser berner par la mièvrerie ni à la facilité). Au final, un western avec quelques accélérations de violence surprenantes et un personnage central en acier trempé : empli de haine vengeresse, alcoolique, la voie de la rédemption semble d'ores et déjà impossible... Solide récit du gars Douglas sans concession aucune envers un quelconque angélisme...

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