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Voilà un western qui a au moins la qualité de nous immerger totalement dans la culture indienne. C'est pas si courant. Soit donc Richard Harris (un mélange d'Owen Wilson et de Rahan fils de Craô), un héritier anglais qui chasse la volaille sur tous les continents. Il s'en lasse un peu de ces parties de chasse pour quelques bouquets de plumes. Il est en manque d'aventures ? Cela tombe bien puisqu'il va être capturé par les Sioux : considéré au départ comme un cheval, notre Richard en aura pour son argent au niveau des brimades (Sioux, Richard, argent, on se comprend). Notre homme au départ doit ainsi subir quelques sévices, tente de s'échapper de façon pathétique (reviens là, le cheval sur deux pattes, tu veux aller où, y'a pas de station Total à la ronde) mais finit par se faire une raison : même s’il est traité comme un esclave par une vieille femme, le Richard reste de bonne composition - c'est finalement un juste retour des choses pour ce petit noble asservi (on applaudit poliment à ce petit retour de bâton). Les camps indiens, c'est plutôt sympa en été, mais en hiver, on fait beaucoup moins le malin. Le Richard, gelé jusqu'à la moelle, s'immisce dans la tente du chef pour trouver un peu de réconfort au coin du feu (les normes européennes n’avaient bienheureusement point cours alors) et croise le regard fougueux de la sœur d'icelui. Une indienne vaut mieux que deux tu l'auras et l'on sent que, dorénavant, notre ami Harris va mettre toute sa fougue dans la conquête de la belle.

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On a droit à de nombreux rites folkloriques de nos amis Sioux qui ne sont jamais à court d'idées pour la déconne. La séquence la plus impressionnante demeure sans aucun doute celle du "rite de pré-mariage" (il faut avoir le cœur et les pectoraux bien accrochés) à laquelle le Richard se prête volontiers malgré les douleurs insoutenables qu'il se doit de subir (faut dire que sa future squaw (Corinna Tsopei, d'origine grecque !) est une bombasse et qu'il n'aurait peut-être pas mis le même allant à la chose pour Nana Mouskouri - sauf son respect). La séquence de purification de la squaw est, elle, beaucoup plus douce : une sorte de "thalasso en tente" qui permet de nous rendre compte du potentiel formel de la belle). Le Richard se glisse donc progressivement dans sa nouvelle existence avec l'aide d'un ancien prisonnier, le fameux Batise (interprété par un gârs du Cânâda à l'accent français bien tranché : Jean Gascon - cela ne vous dit rien ? Vous avez du bol). Ce dernier joue au fou du village pour qu’on le laisse en paix ; ses talents de traducteurs et sa connaissance du Sioux lui permettent notamment d'éclairer le Richard sur les coutumes du camp (une femme vous montre la semelle intacte de sa chaussure ? C'est qu'elle est vierge - oui, moi non plus, cela ne me serait pas tout de suite venu à l'esprit). Richard et Corinna filent le parfait amour (veut-il toujours filer à l'anglaise de son côté avec le Jean ? Rien n'est moins sûr) lorsque ces enfoirés de Shoshone attaquent. C'est la séquence action du film qui, une fois de plus, nous en donne plein les mirettes (c'était autre chose, les combats sans arme à feu, il faut le reconnaître : beaucoup plus viril).

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Alors oui, c'est vrai qu'on pourrait regretter les séquences "love seventies en territoire indien" méchamment kitches (les deux amants marchant  sur l'eau au coucher de soleil, oh flute !) et le côté parfois un peu grossier du bouffon Jean Gascon (école du rire numéro 3). Mais tout de même, on sent tout du long le soin apporté à la reconstitution des coutumes locales (une bonne partie des figurants viennent d’ailleurs de tribus sioux) : cela donne à l'ensemble une petite touche d'authenticité qui n'est pas pour nous déplaire. La musique tonitruante de Leonard Rosenman sait envoyer du bois lors des combats et Silverstein, malgré quelques images "bilitis" infâmes, sait vite se reprendre et couper court à cette doucereuse love story inter culturelle – le wild west reste sauvage. Un western à la sauce indienne qui a du cran et du crin.