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J'aime Clint Eastwood parce qu'il est beau. Et digne, et droit dans ses bottes, et âpre au mal. Clint trouve ici un rôle à sa juste mesure dans ce western violent qui fait la part belle à l'attirance morbide des gens pour la mort : de cette clique de neuf personnes souhaitant pendre Clint pour un prétendu vol à cette foule immense qui vient assister, avec en toile de fond les paroles terribles parce qu'absurdes d'un prêcheur (célèbrons la parole d’amour divine en célébrant la mise à mort, amen), à diverses pendaisons en masse (six d'un coup, autant que le chargeur d'un pistolet), le film de Ted Post demeure une évidente attaque envers la connerie humaine. Clint est là, comme d'hab, pour incarner la loi, la justice, prêt à tout pour amener sur le banc d'une Cour des assassins et pour tirer éventuellement dans le gras si le type se montre, lors de l'arrestation, un peu nerveux – légitime défense, of course... Du coup ça flingue à tout va dans ce grand ouest où la notion de justice demeure par la force des choses tout de même parfois un peu grossière. 

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Il y a de la scène forte comme on les aime dans ce bazar tendu comme un pendu : l'exécution des six gaziers (dont deux chtites têtes blondes de 16 et 18 ans condamnés pour avoir juste volé des bœufs) est franchement le summum de la chose : un décor qui fait froid dans la dos (la guillotine est rouge de jalousie), un discours du prêcheur et d'un repenti alcoolique qui vous colle la misère, une attitude béate de la foule venant à ce spectacle des grands soirs, l'écœurement d'Eastwood, impuissant (l'adjectif ne convenant plus dans la seconde partie de la phrase), qui préfère aller au lit avec une prostipute (je crois que j'aurais fait exactement pareil si j'étais Clint... maintenant je dis ça, ça n'engage à rien)... Toute cette séquence est un point culminant rondement mené juste avant la chute, si j'ose dire, celle des corps qui passent à la trappe puis celui de Clint salement touché (oui, il a vite fait son affaire à la gonzesse et s’en est rapidement retourné au bar où l'on l'attaquera de dos - les traîtres). Au niveau du fond, on touche à cette bonne vieille pensée ricaine qui ne fait pas dans le détail : mieux vaut accuser à tort que de faire croire qu'on est faible et laxiste (la décision du juge pour les deux pauvres gamins exécutés) et puis sinon oeil pour oeil, dent pour dent - tu as voulu me tuer, tu vas mourir (en passant ou non par la case "justice" - où accusés et condamnés sont finalment synonymes). La prise de conscience de la notion de pardon, on sent bien que ce n'est pas trop le message de Post (le "message de Post", get it ? Ouais, grosse fatigue). La démonstration d'une justice pure et dure (avec Clint incarnant "la nuance", voyez le genre), notamment à cause du manque de moyens humains, pique un peu les yeux mais le film, esthétiquement (Clint que tu portes bien le chapeau, franco de port), n'a quasiment pris aucune ride en presque cinquante ans. Quant à la musique du bien nommé Frontiere, elle est certes un peu pompière mais continue de faire son petit effet genre froid dans le dos (ou sur la nuque). Pour conclure, notons la présence de l'inénarrable Dennis Hoper en prophète halluciné (et vite éteint) et d'Inger Stevens en charge d'une historiette d'amour un brin gentillette - dans ce monde de brutes où chacun pourchasse dangereusement ses propres fantômes. Inspiré et édifiant, pour clore.

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Tout Clint en un clin d'oeil,