la vieBel effort de la part de Régis de Sá Moreira, mais qui malheureusement ne donne pas grand-chose au final : son roman se pique de prendre une photo de l'Humanité en un seul moment T, à travers une succession de très courts paragraphes tous liés les uns aux autres. Je m'explique : un homme sort de chez lui, croise un autre homme, qui se met à parler de sa mère qui consulte un psy, qui prend la parole pour évoquer sa maîtresse, qui intervient pour... etc, jusqu'à atteindre un nombre vertigineux de personnages, qui prennent tous la parole le temps de quelques lignes. Point de départ intéressant, qui donne un roman choral et humaniste, montrant une sorte de chaîne serrée entre les humains (et les animaux, d'ailleurs, qui parlent aussi assez souvent), entre vivants et morts, entre civilisations et cultures. Certains personnages surprennent, le bazar va assez loin dans son principe, et ne démord pas de son parti pris, ce qui est noble sur 200 pages. Le souci, c'est que l'écriture de Sá Moreira est très factuelle, assez plate, et que, sorti de l'expérimentation, tout ça ne mène pas à grand chose. On ne voit pas bien ce que tout ça tend à prouver, finalement, et si la réponse est "rien", on se dit que l'écriture n'est pas assez forte, ni le concept, pour nécessiter la sortie de ce bouquin. On le lit quand même jusqu'au bout, parce que c'est légèrement amusant, et parce qu'on attend un coup de théâtre final (qui ne viendra pas), mais on reste gravement sur sa faim. Un bouquin sympathique, mais un poil inutile.